CENTRE NATIONAL D'ETUDES SPATIALES

Groupe d'Etudes des Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés

Toulouse, le 26 octobre 1981
N° 256 CT/GEPAN


 

NOTE TECHNIQUE
N° 8


 

Enquête GEPAN n° 79/06

 




Table des matières

AVANT PROPOS

CHAPITRE 1 : PREMIERS ÉLÉMENTS D'ENQUETE

CHAPITRE 2 : ANALYSE DES DISCOURS ET COMPORTEMENTS DES TÉMOINS

CHAPITRE 3 : DESCRIPTION DU PHÉNOMÈNE D'APRÈS UNE ÉTUDE CRITIQUE DES TÉMOIGNAGES DE ROSINE ET LUCILLE

CHAPITRE 4 : ÉTUDE DE LA TRACE

CHAPITRE 5 : DONNÉES COMPLÉMENTAIRES

CHAPITRE 6 : CONCLUSIONS

ANNEXE 1 : APPLICATION D'UN MODÈLE THÉORIQUE DE LA PERCEPTION

ANNEXE 2 : LES PROCÉDURES DE REPÉRAGE DIRECTIONNEL - DISCUSSION ET PROPOSITION DE RECHERCHE

ANNEXE 3 : RECONSTITUTION DU PHÉNOMÈNE FONDÉE SUR L'HYPOTHÈSE D'UN OBJET PHYSIQUE UNIQUE

ANNEXE 4 : EXPÉRIENCES SUR LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES D'UN TISSU HERBEUX

 




 

CHAPITRE 6

CONCLUSIONS

Sommaire :

  1. - Evaluation des événements survenus le 27 novembre 1979

  2. - Questions de méthodes

 

Les conclusions que l'on peut tirer du travail qui vient d'être exposé se situent au moins sur deux plans.

 

1. - EVALUATION DES ÉVÉNEMENTS SURVENUS LE 27 NOVEMBRE 1979

1.1. - Témoignages

Parmi les trois témoignages disponibles* un seul était un tant soit peu détaillé ( celui de Rosine ) et susceptible d'une analyse. Les autres correspondaient en fait à des observations d'une très grande brièveté ( lueur, éclair, éclat... ).

* Nous avons eu connaissance d'un quatrième témoin qui a préféré garder l'anonymat et qui n'a donné que des indications vagues.

Deux types de questions se posent donc : quelle valeur peut-on accorder au témoignage de Rosine ? et dans quelle mesure les autres témoignages peuvent-ils être considérés comme venant confirmer les déclarations de celle-ci ?

  • Pour ce qui est du témoignage de Rosine, deux éléments sont à prendre en compte :

    • un certain nombre d'incohérences s'accompagnent d'une apparente soumission aux influences. Ces éléments, qui s'expliquent aisément d'après un modèle classique de psychologie de la perception ( annexe 1 ), conduisent à estimer qu'il y a une probabilité élevée que beaucoup d'éléments subjectifs soient présents dans ses déclarations ( Chapitre 2 ).

    • En revanche, au cours des tentatives de reconstitutions et d'évaluations quantitatives, les éléments recueillis auprès de Rosine montrent une certaine cohérence ( Chapitre 3 ), au point de permettre le développement, au-delà de son témoignage, d'une hypothèse en accord avec ces éléments quantitatifs et avec les données de l'environnement physique ( Annexe 3 ).

    Ces remarques conduisent à porter un jugement nuancé sur le témoignage de Rosine prenant en compte à la fois le caractère labile de ses déclarations orales et plus stable de ses réponses lors des reconstitutions et tests graphiques. Ceci pose évidemment des problèmes de méthode qui sont abordés plus loin.
  • La valeur de confirmation des témoignages de Lucile et Catherine est réduite : il parait impossible d'écarter que Lucile ait pu voir simplement le projecteur d'Anatole, allumé ce soir-là dans la direction de son observation. Pour ce qui est de la contribution de Catherine, elle est purement qualitative ( une lueur, un éclair ).

    En d'autres termes, s'il y a confirmation, ce ne peut être que dans le fait que Rosine a observé quelque chose d'inhabituel mais certainement pas dans les détails descriptifs qu'elle fournit à propos de ce "quelque chose".

1.2. - Les traces au sol

Beaucoup de personnes pensent que l'existence de traces est la meilleure preuve possible de la véracité d'un discours.

Dans le cas particulier des événements du 27 nov. 79, l'étude des traces au sol ne nous a malheureusement apporté aucun élément significatif d'information, au delà de la simple constatation de l'effet mécanique des herbes couchées. La question se pose donc de manière particulièrement aiguë, de savoir dans quelle mesure ces traces peuvent être mises en relation avec le témoignage de Rosine et dans quelle mesure elles peuvent confirmer ses descriptions.

D'après les renseignements recueillis, les traces n'ont pas pu être créées par un hélicoptère puisqu'il n'y en avait pas en vol dans cette région à ce moment là. Elles n'ont pas pu non plus être faites par un véhicule terrestre qui aurait laissé des traces de pneus. D'autres possibilités peuvent être envisagées : un parachutiste atterrissant là, une barque déposée quelques temps puis transportée à la main par plusieurs personnes, ou des campeurs ayant dormi par terre dans des sacs de couchage, etc. Aucune de ces hypothèses ( parachutiste, barque, campeurs ) ne se trouve confirmée par les personnes vivant alentour. De plus, la position des traces dans la pente, près du sommet, est assez illogique pour les hypothèses barque ou campeurs on les aurait plus trouvés sur le terrain plat un peu au-dessus. Enfin, les expériences de simulation ( Annexe 4 ) tendent à faire penser que pour obtenir l'effet observé il aurait fallu un poids plus lourd que celui suggéré par ces hypothèses. Sous toutes réserves, ( les quelques simulations faites sont loin de clore la question ), toutes ces idées pour expliquer les traces paraissent peu satisfaisantes. Restent l'absence de brindilles et les herbes en spirales au sommet de la trace qui suggèrent un souffle et pourraient faire penser à un petit tourbillon local. Ce type de phénomène, bien que rare, existe et on en connaît mal les conditions de déclenchement. Mais il n'est pas du tout conforme aux descriptions fournies et nous le considérerons aussi corme peu probable.

Nous sommes donc en présence de traces pour lesquelles nous n'avons pas vraiment d'explication satisfaisante, mais qui ne nous donnent pas non plus d'indices suffisamment clairs et nombreux pour proposer un modèle de leur genèse. Devant une telle situation nous ne pouvons que constater que, même si la position des traces est conforme aux directions d'observations indiquées par Rosine, les analyses à caractère physique ne fournissent pas de véritable confirmation des descriptions faites par les témoins.

 

2. - QUESTIONS DE METHODES

Les premières informations reçues à propos de ce cas laissaient prévoir une étude très intéressante s deux témoins, une zone assez peuplée qui permettait d'espérer en trouver d'autres, des traces physiques dont les caractéristiques pourraient recouper les différentes déclarations...

En fait, comme nous venons de le voir, les analyses développées sur toutes les informations disponibles ne permettent pas de tirer de conclusion claire et définitive sur ces événements.

D'une manière générale, il est toujours difficile d'apprécier au préalable la possibilité d'appliquer telle ou telle méthode de manière efficace au cours d'une enquête. Ceci conduit à envisager des enquêtes en plusieurs temps, avec abandon possible si à un moment donné, les conditions énoncées ci-dessus apparaissent ne plus être remplies. Par exemple, le GEPAN, qui a une vocation particulière d'étude des traces, pourra entreprendre des enquêtes sur des cas comportant un témoin unique et des traces, mais les abandonnera si l'étude physique ne fournit pas assez de résultats permettant de mettre ces traces en relation avec le seul témoignage disponible.

Toutefois, l'enquête que nous venons de présenter aura été pour nous d'un grand intérêt :

  • Il est clairement apparu que l'introduction de la mesure dans ce type d'investigation est souhaitable pour obtenir des descriptions précises, comparables d'un cas à l'autre et indépendantes des impressions complexes recueillies par les enquêteurs. De ce point de vue l'analyse du présent cas a permis de proposer et d'appliquer concrètement quelques idées nouvelles. Les mesures ont porté sur les témoignages ( Chapitre 3 ) et les traces au sol ( Chapitre 4 ). Cette approche a autorisé des développements plus théoriques : modèles psychologiques ( Annexes 1 et 2 ), géométriques ( trajectoire, dimension ; Annexe 3 ), expérimentations complémentaires pour les traces ( Annexe 4 ). Cependant, la validité des données fournies par ces techniques doit faire l'objet d'études plus approfondies. Ces études critiques seront faites de manière expérimentale en contrôlant les caractéristiques des phénomènes ( observés par les témoins ou provoquant les traces ) et indépendamment des cas où on veut les appliquer.

  • Quelles que soient les méthodes qui sont adoptées à un moment donné, l'enquête que nous venons de présenter montre, s'il en était encore besoin, qu'une analyse rigoureuse ne permet de tirer des conclusions claires que s'il y a au minimum deux sources d'informations indépendantes : par exemple deux témoignages indépendants ou un seul témoignage mais des traces dont l'analyse fournit des éléments caractéristiques, etc.

Ainsi les difficultés rencontrées au cours de l'enquête 79/06 nous ont imposé la recherche de méthodes nouvelles. Ceci nous a permis d'acquérir une certaine expérience quant à leur possibilité d'application et à l'intérêt des résultats qu'on peut en attendre. Indépendamment du jugement sur la valeur intrinsèque du cas, les progrès ainsi réalisés permettent d'espérer qu'il sera possible de recueillir le maximum d'informations sur les cas à venir.




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