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CENTRE NATIONAL D'ETUDES SPATIALES
Groupe d'Etudes des Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés
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Toulouse, le 26 octobre 1981 N° 256 CT/GEPAN
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NOTE TECHNIQUE N° 8
Enquête GEPAN n° 79/06
AVANT PROPOS
CHAPITRE 1 : PREMIERS ÉLÉMENTS D'ENQUETE
CHAPITRE 2 : ANALYSE DES DISCOURS ET COMPORTEMENTS DES
TÉMOINS
CHAPITRE 3 : DESCRIPTION DU PHÉNOMÈNE D'APRÈS UNE ÉTUDE
CRITIQUE DES TÉMOIGNAGES DE ROSINE ET LUCILLE
CHAPITRE 4 : ÉTUDE DE LA TRACE
CHAPITRE 5 : DONNÉES COMPLÉMENTAIRES
CHAPITRE 6 : CONCLUSIONS
ANNEXE 1 : APPLICATION D'UN MODÈLE THÉORIQUE DE LA PERCEPTION
ANNEXE 2 : LES PROCÉDURES DE REPÉRAGE DIRECTIONNEL - DISCUSSION
ET PROPOSITION DE RECHERCHE
ANNEXE 3 : RECONSTITUTION DU PHÉNOMÈNE FONDÉE SUR L'HYPOTHÈSE
D'UN OBJET PHYSIQUE UNIQUE
ANNEXE 4 : EXPÉRIENCES SUR LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES D'UN TISSU
HERBEUX
EXPÉRIENCES SUR LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES D'UN TISSU HERBEUX
( Jean-Jacques VELASCO )
Sommaire :
1. - Variables utilisées
2. - Tableaux des résultats
3. - Représentation graphique
4. - Discussion
EXPÉRIENCES SUR LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES D'UN TISSU HERBEUX
Comme nous l'avons signalé, il n'y a pas eu, à notre connaissance, d'étude
générale sur les propriétés mécaniques des tissus herbeux ( en raison sans doute,
du manque d'intérêt général d'une telle étude dans des applications pratiques ). Une
telle étude poserait d'ailleurs de multiples problèmes, en particulier pour isoler les
facteurs prépondérants qui peuvent être le type d'herbes ( nature et densité ), du sol,
le taux d'humidité ou tout autre facteur météorologique, la pression exercée, la
durée d'application de cette pression, etc... De plus, l'effet mécanique de pression
d'un solide peut être différent de celui d'un mouvement d'air ( tourbillon, tornade ).
Contraint de restreindre à des dimensions raisonnables le champ de son étude,
nous avons utilisé une pression variable appliquée pendant une durée variable à
des herbes naturelles ( mais coupées assez régulièrement ce qui leur donne une
hauteur à peu prés constante de 30 cm ), dans des conditions météorologiques
moyennes ( peu de vent, pas de précipitation, température voisine de 15°, etc... ).
Nous avons ensuite observé la vitesse à laquelle ces herbes se relevaient. Nous
avons obtenu les résultats suivants.
1. VARIABLES UTILISÉES
D : durée d'application de la pression
t : temps è partir du moment où cesse la pression
h(t) : hauteur de l'herbe à l'instant t
P : pression exercée ( sur une surface portante toujours égale à 400 cm2 )
La hauteur initiale de l'herbe était toujours de 30 cm. Les mesures de h(t) se faisant
à l'aide d'un mètre, h(t) est la hauteur moyenne obtenue ( en an ) sur les différents
brins d'herbe à l'instant t.
2. TABLEAUX DES RESULTATS
P = 0,0125 kg/cm2

P = 0,05 kg/cm2

P = 0,125 kg/cm2

3. REPRÉSENTATION GRAPHIQUE
Il y a de multiples manières de représenter graphiquement ces résultats. Nous
avons choisi de tracer la variation de h en fonction de t pour une même valeur de D
et différentes valeurs de P. Les courbes h(t) sont alors, grosso modo, linéaires par
rapport à log t+1. Ceci permet d'apprécier l'influence de P, sur un même graphique
et, d'un graphique à l'autre, l'influence de la durée D d'application de la pression P.
P1 : 0,0125 kg/cm2
P2 : 0,05 kg/cm2
P3 : 0,125 kg/cm2




4. DISCUSSION
Nous allons discuter par rapport à une pression de 0,0125 kg/cm2, 0,05 et 0,125 sur
une surface de 4 m2 ( qui est à peu prés la surface de la trace que nous avons
étudiée ), c'est-à-dire par rapport à des masses de 500 kg, 2 tonnes et 5 tonnes
respectivement.
Au vu des graphiques, il apparait que :
pour une durée d'application très brève ( 10 s ), la masse de 500 kg a un effet très
passager qui disparaît au bout de 10 mn. Par contre, les masses de plusieurs
tonnes ont un effet significatif mais qui s'estompe au bout d'un jour ;
pour une durée d'application de 2 mn, la masse de 500 kg a des effets aussi
significatifs que les masses de plusieurs tonnes mais, là encore, les effets
s'estompent au bout d'un jour ;
pour une durée d'application nettement plus longue ( une demi heure ), l'effet des
masses de 500 kg et 2 tonnes change peu, par contre la masse de 5 tonnes a des
effets beaucoup plus durables, probablement de plusieurs jours ;
enfin, pour des durées d'application très longues ( 2 heures ), toutes les masses
ont des effets à long terme, non résorbés après une journée.
On est bien sûr tenté d'extrapoler ces résultats et de dire que pour des durées
d'applications de plusieurs heures, des masses même relativement faibles auraient
des effets mécaniques sur plusieurs jours. Mais, il faut remarquer que de si longues
durées auraient probablement aussi des effets biochimiques dues à la privation de
lumière ( et peut-être de l'absence d'air ) qui d'ailleurs n'ont pas été observés lors de
l'enquête.
En résumé, ces résultats tendraient à faire penser que la trace pouvait avoir été
produite par une masse de plusieurs tonnes ( plus de 5 ) appliquées pendant
plusieurs minutes ( plus de deux ), dans la mesure où le phénomène en jeu était
correctement représenté, sur le plan mécanique, par les conditions expérimentales
que nous avons choisies. En fait, rien n'est moins sûr ; les conditions
météorologiques, la nature du sol et celle du tissu herbeux n'ayant pas été les
mêmes dans les deux cas ( au moment de l'enquête initiale, il ne nous a pas été
loisible de procéder à une telle expérimentation sur place par la suite,
l'emplacement a été aménagé en prairie ).
De toutes façons, il faut rappeler que l'effet mécanique aurait pu être tout autre et
résulter, par exemple, de la pression d'un fort mouvement d'air ( tourbillon ou autre ).
Les résultats de notre expérience n'auraient alors que peu d'intérêt. Cependant,
nous avons jugé utile de les citer ne serait-ce que pour l'intérêt méthodologique
qu'ils peuvent avoir.
FIN
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