CENTRE NATIONAL D'ETUDES SPATIALESGroupe d'Etudes des Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés
NOTE TECHNIQUE |
REMARQUE : Cette phase de reconstitution sur croquis a été faire l'après-midi du premier jour d'enquête, chez le témoin ( voir § 2, 15 H 18 à 16 H 05 ). A ce moment-là, le témoin essaiera, sur un croquis approximatif de la zone du carrefour, d'indiquer les positions et orientations des différentes prises de vue pour y dessiner le phénomène. Tout d'abord, il ne retrouvera que vaguement l'endroit des premières photos. Par contre, les endroits suivants seront indiqués avec une très grande certitude, en fonction des souvenirs de l'observation, et cela malgré les indications ( involontaires ) des enquêteurs vers d'autres endroits du croquis. Puis ceux-ci ont demandé au témoin d'indiquer sur leur croquis le déplacement supposé du PAN observé. M. BLAISE avait mal compris cette demande et avait commencé la reconstitution, puis l'avait abandonnée en protestant de l'inexactitude du croquis en ce qui concerne les lieux. Il fera alors lui-même un croquis sur lequel il dessine non sans difficultés, l'itinéraire supposé du PAN. ( Figure 3 ). Ensuite, il fait à la demande des enquêteurs, des dessins de la forme apparente du PAN sur les photos à développement instantané. Le discours du témoin indique que, pour faire ces dessins, il se réfère aux souvenirs ponctuels de chacune des phases de l'observation. Par exemple, "il ressemblait un peu au fond d'une barque" est dit au moment de la première photo. En réponse à une question des enquêteurs, M. BLAISE indique alors n'avoir remarqué un changement de la forme globale "à part que ça a changé de forme après les arbres... " et aussi "... moi je dis hublots, mais il faudrait peut-être pas les appeler...". |
TABLEAU 1 - RÉCAPITULATIF DES DONNÉES
FIGURE 8
P1
P2
FIGURE 9
P3
P4
FIGURE 10
P5
P6
FIGURE 11
P7
P8
FIGURE 12 - DESSIN LIBRE CORRESPONDANT AUX INSTANTS D'OBSERVATIONS
(et aux clichés) P2, P4, P5
FORMES DESSINÉES PAR LE TEMOIN
5.3. - ANALYSE (1)
(1) La méthode d'analyse des témoignages, utilisée actuellement par le GEPAN, suppose la mise en relation perpétuelle des informations concernant le témoin, son témoignage, les environnements physique et social ( cf. Notes Techniques 3 et 10 ). C'est ainsi que la présente étude a été réalisée. Cependant, dans un souci de clarté, nous présentons, dans deux chapitres séparés, l'analyse des données se rapportant au phénomène et celle concernant plus directement le rapport entre celui-ci et son témoin.
DISCUSSION SUR LA TRAJECTOIRE DU PHENOMENE
Du récit, des divers déplacements reconstitués, les directions et données des observations décrits et appréciés par M. BLAISE, nous pouvons tenter une reconstitution de l'évolution spatio-temporelle du phénomène décrit.
Sur un plan à l'échelle 1/2 500 ( cadastre ) nous avons replacé, à partir de plusieurs points particuliers ( C, D, E ), la localisation présumée du phénomène ( voir figure 6 ).
Bien entendu, les reconstitutions n'indiquent qu'une direction ( 2 dimensions ) et pas de profondeur ( 3ème dimension de distance ). Cependant, dans certains cas, l'estimation du témoin place le phénomène dans un cadre de référence physique ( devant un obstacle ), ce qui fournit une borne maximale de cette distance. Dans les autres cas, la distance appréciée par le témoin est plus arbitraire et donc plus sujette à caution.
Dans ces conditions, une trajectoire possible a été décrite en figure 6 et 7 qui correspond aux phases suivantes :
P1-P2 : un déplacement régulier ( pas de variation appréciée dans la vitesse ) ;
P2 : un changement de direction à l'approche des obstacles ( route et arbres ) ; déclaration du témoin : "il a légèrement viré" ;
P2-P3 : une montée en site brutale, 2 m au-dessus de la route et passage à 45° au-dessus des arbres ( 18 m de hauteur ) ;
P3-P5 : un virage effectué sur la droite, estimé avec un rayon de 70 à 100 m au-dessus des arbres avec un changement de direction de 135° environ ( du Nord-Ouest à l'Est ) ;
P5-P7 : un déplacement qui épouse les profils du paysage ( arbres et haie ) ;
P7-P8 : un éloignement parallèle à la direction d'une montagne Ml située à 15 km vers l'Est, le phénomène restant constamment sous la ligne d'horizon que constitue la crête du plateau.
DISCUSSION SUR LA VITESSE DE DÉPLACEMENT DU PHENOMENE
A partir des éléments précédents de reconstitution de la trajectoire du phénomène, ainsi que des temps d'observation, nous pouvons tenter d'évaluer la vitesse poursuivie de déplacement.
Le trajet parcouru par le phénomène dans la phase comprise entre P2 et P7 est évalué sur le plan cadastral aux environs de 700 m ( figure 6 ). Le temps d'observation relatif à cette séquence a été estimé à 50 s, d'où une vitesse proche de 50 km à l'heure. Cette vitesse est compatible avec le fait qu'après être revenu à sa voiture, puis être reparti vers V3, M. BLAISE ait encore aperçu le phénomène en position E ( direction P8 ) ; en effet, la crête est distante d'environ 3,5 km du carrefour ( cf. figure 1 ) et le temps écoulé est de l'ordre de 1 mn 15 s. De même, il y a cohérence avec la déclaration du témoin quand il dit ( cf. 3 ) : "quand je suis arrivé à 100 m de l'église de V3... il avait disparu juste derrière la ligne de crête". En effet, le temps écoulé entre l'observation P7 et l'arrivée à 100 m de l'église ( avec retour à la voiture, départ vers V3, observation P8 ) est voisin de 3 mn ( 680 m, à 25 s pour 100 m et 10 s d'observation P8 - Cf. 5.2. et 5.3. ).
A 50 km/h, le phénomène aurait parcouru 2,5 km ; or, à l'observation P7 il était déjà à une distance estimée de l'ordre de 400 m du carrefour, ce qui redonne une distance proche de 3,5 km jusqu'à la crête.
DISCUSSION SUR LA FORME DU PHENOMENE
Cet élément descriptif est évalué par M. BLAISE de deux manières :
(a) Sous forme verbale dans le discours.
(b) Sous forme graphique par le dessin ( voir Fig. 8, 9, 10 et 11 ).
Description à partir du discours :
Le témoin se réfère à des objets usuels pour comparer son observation aux divers moments. Au début de l'observation, lorsque le phénomène se rapproche du véhicule, il le décrit comme étant "une espèce de cigare... moi je le comparais à une baguette de pain", puis de plus en plus près : "c'était comme le dessous d'une barque".
A l'endroit où M. BLAISE fournit le maximum de détails ( phases P5 et P6 ) il voit le phénomène de côté : "il était allongé avec une largeur trois fois plus grande que la hauteur, les extrémités sont arrondies... ".
Le témoin précise qu'il a nettement distingué la présence de trois cercles blancs assez grands, de plus de 50 cm de diamètre. Il indique par ailleurs que ces cercles sont répartis sur toute la longueur.
Description sous forme graphique :
Comme il a été précisé plus haut, le témoin a dessiné la forme estimée du phénomène sur les clichés polaroïds et sur papier libre. Une analyse sommaire de ces dessins révèle deux caractéristiques communes :
l'absence de détail d'infrastructure ( ailerons, réacteurs, pâles de rotors... ) ; seuls sont mentionnés trois cercles blancs lors des observations P5 et P6. Il est à remarquer que c'est à ce moment-là que M. BLAISE donne le plus de détail et que ce fait est tout à fait conforme avec la distance estimée ( minimale à cet endroit ) ;
une forme générale représentant une enveloppe courbe à toutes les séquences d'observation.
La même analyse sommaire indique que cette forme courbe évolue en dimensions et proportions, selon les différentes séquences.
Toutefois, cette évolution est apparemment compatible avec l'hypothèse d'un phénomène à trois dimensions, se déplaçant toujours dans le sens de sa longueur et perçu par le témoin sous différents angles.
Cette hypothèse semble aussi être compatible avec la description à partir du discours. Elle sera largement étudiée dans le paragraphe qui suit.
ESTIMATION DES DIMENSIONS
Les données que nous possédons pour dimensionner le phénomène sont les suivantes :
une appréciation qualitative issue du discours,
une taille apparente métrique estimée dans le discours,
une taille angulaire calculée à partir des dessins faits sur les clichés instantanés.
Appréciation qualitative issue du discours :
"C'était de la dimension d'une voiture". M. BLAISE mentionne cette donnée lorsque le phénomène passe au-dessus de sa propre voiture.
Taille apparente ( métrique ) estimée par rapport à une position de l'observateur :
Situé au même endroit que précédemment, le témoin évalue la dimension : "la longueur était de 4 à 5 mètres".
Taille angulaire calculée à partir des dessins faits sur les clichés instantanés :
Chaque élément ( orientation, distance, élévation ) des différentes séquences d'observation P1, P2, ... a été soigneusement relevé sur le terrain à l'aide de l'instrumentation spécifique : théodolite et télémètre.
Ces éléments ont été reformulés en termes de longueur, hauteur et largeur, selon l'hypothèse citée plus haut : estimations des dimensions d'un phénomène à trois dimensions, se déplaçant dans le sens de la longueur et selon la trajectoire représentée dans la figure 6.
Les résultats, à titre indicatif, sont fournis sous forme de tableau ( calcul fait à partir du dessin, de la focale du Polaroïd- 117,5 mm - et de la distance estimée ).
TABLEAU - 2 -
point et direction d'observation | P1 | P2 | P3 | P4 | P5 | P6 | P7 | P8 |
L = longueur | 1,9 | 7,2 | 12,9 | 11 | 10,5 | |||
h = hauteur | 0,4 | 1,05 | 2,9 | 5,6 | 4,3 | 5,8 | 7,2 | |
l = largeur | 0,7 | 0,6 | 1,3 | |||||
diamètre cercle | 1,4 | 1,2 |
( Toutes les estimations sont données en mètres )
Plusieurs remarques s'imposent :
il est probable qu'il y a surestimation des tailles dessinées lorsque le phénomène était à très grande distance ; en particulier pour P8 ;
il y a une très grande dispersion des valeurs, ce qui rend le calcul des moyennes peu significatif ;
par contre, il est probablement plus significatif d'essayer de comparer les rapports des dimensions issues des différentes photos, côte à côte avec les rapports obtenus sur les dessins libres de la figure 12. ( Indexés P'2, P'4 et P'5 )
Les valeurs portées sur le tableau 3 montrent une cohérence interne qui n'est pas excellente. Grosso modo, la hauteur et la largeur sont proches l'une de l'autre, la longueur étant trois fois plus grande. Les cercles aperçus sur un côté sont d'un diamètre à peu près trois fois plus petits que la hauteur.
Les clichés au moment du dessin sont à peu près à 25 cm de l'oeil du témoin, or la focale est de 117,5 mm. Le paysage lui apparaît donc deux fois plus petit que lorsqu'il le regarde directement avec ses yeux. Ceci suggère que le dessin effectué à partir du souvenir est surestimé en taille. Des enquêtes antérieures avaient déjà conduit à penser que pour une focale de 117,5 mm, cette surestimation serait proche d'un facteur 2. Dans notre cas, la moyenne des longueurs du tableau 2 ( soit 8 m ) corrigée d'un tel facteur conduit à une estimation de 4 m, très proche de l'estimation métrique verbale de 4 à 5 m énoncée pour la séquence d'observation P3.
TABLEAU - 3 -
P1 | P2 | P3 | P4 | P5 | P6 | P7 | Moyenne | P'2 | P'4 | P'5 | |
L / h | 2,48 | 2,30 | 2,56 | 1,80 | 2,3 | 2,90 | 3,80 | ||||
L / l | 3,10 | 3,1 | 3,10 | ||||||||
h / l | 0,57 | 0,81 | 0,7 | ||||||||
h / D | 4,00 | 3,60 | 3,8 | 1,90 |
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