CENTRE NATIONAL D'ETUDES SPATIALES

Groupe d'Etudes des Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés

Toulouse, le 29 septembre 1981
N° 236 CT/GEPAN


 

NOTE D'INFORMATION N°4


 

Les études de Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés aux Etats-Unis

3ème Partie : "La fin des recherches officielles"




AVERTISSEMENT

Les Notes d'informations sont généralement constituées de documents et de comptes rendus de travaux auxquels le GEPAN n'a pas participé. Le GEPAN a alors seulement choisi de les publier en raison de leur importance historique ou théorique, pour une bonne connaissance et compréhension du problème des phénomènes aérospatiaux non identifiés. Cependant, cette décision de publication ne signifie en rien que le GEPAN s'associe aux idées, théories ou conclusions présentées dans ces textes. Elles restent sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.
C'est dans les Notes Techniques que le GEPAN fournit les informations relatives à ses propres activités.




TABLE DE MATIERES




LES ÉTUDES DES PHÉNOMÈNES AÉROSPATIAUX NON IDENTIFIÉS AUX ETATS-UNIS

3e PARTIE :
LA FIN DES RECHERCHES OFFICIELLES


 
 


 

ANALYSE DU RAPPORT
DE L'UNIVERSITÉ DU COLORADO SUR LES
OBJETS VOLANTS NON IDENTIFIÉS PAR UNE
COMMISSION DE LA NATIONAL ACADEMY OF SCIENCES

(ACADEMIE NATIONALE DES SCIENCES)

Copyright, National Academy of Sciences 1969.

Aucune partie du présent livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans l'accord écrit de l'éditeur sauf pour ce qui est, de reproductions en totalité ou partielles à l'usage du Gouvernement des Etats-Unis.

Reproduit par :

Le National Technical
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ANALYSE DU RAPPORT
DE L'UNIVERSITÉ DU COLORADO SUR LES
OBJETS VOLANTS NON IDENTIFIÉS PAR UNE
COMMISSION DE LA "NATIONAL ACADEMY OF SCIENCES"

La Commission a été nommée fin octobre - début novembre 1968. Elle avait pour tâche de "donner une évaluation indépendante de la portée, de la méthodologie et des conclusions de l'étude (de l'Université du Colorado) telle qu'elle est présentée dans le Rapport". Tout en se limitant à ce but la Commission a jugé nécessaire et opportun de se familiariser avec diverses opinions scientifiques présentées dans d'autres publications et rapports par des gens techniquement compétents.

Le but de la Commission n'était pas de faire sa propre étude des OVNI ou d'inviter à des auditions des défenseurs d'opinions différentes, avec ou sans formation scientifique.

Le but était d'étudier le Rapport de l'Université et de porter un jugement :

  • Premièrement, sur sa portée, à savoir : est-ce que, selon la Commission, le Rapport traitait les sujets qu'une étude scientifique des phénomènes OVNI devrait inclure ?

  • Deuxièmement, sur sa méthodologie, à savoir : est-ce que, de l'avis de la Commission, le Rapport suivait une méthodologie scientifique et traitait le sujet de façon acceptable ?

  • Troisièmement, sur ses conclusions, à savoir : est-ce que les conclusions et interprétations présentées dans le Rapport étaient justifiées par des preuves et des analyses et étaient-elles raisonnables ?

Pour son examen la Commission a consulté des articles sur le sujet écrits par des personnes compétentes ( Par exemple, William Markowitz, "The physics and metaphysics of Unidentified Flying Objects" ( physique et métaphysique des objets volants non identifiés ), Science 157 ( 1967, pp. 1274-1279 ) .James E. McDonald, "Science, Technology and UFOS" ( Science, Technologie et OVNI ), présenté le 26 janvier 1968 à un séminaire général de l'United Aircraft Research Laboratories, Fast Hartford, Connecticut. James E. McDonald, "UFOS - an International Scientific Problem" ( les OVNI - problème scientifique international ), présenté le 12 mars 1968 au Symposium d'Astronautique du Canadian Aeronautics Institute, Montréal, Canada. James McDonald " Statement on International Scientific Aspects of the Problems of Unidentified Flying Objects" ( Exposé sur les aspects scientifiques internationaux des problèmes d'OVNI ), envoyé aux Nations Unies le 7 juin 1967. Donald H.Menzel, Flying Saucers ( soucoupes volantes ) Harvard University Press ( Cambridge, 1952 ). Donald H. Menzel and Lyle G. Bajd, The Word of Flying Saucers ( Le monde des soucoupes volantes ) Doubleday ( New-York, 1965 ). Report of Meetings of Scientific Advisor Panel on Unidentified Flying Objects, 14-18 janvier 1953 ( Rapport des Rencontres de la Commission consultative scientifique sur les Objets Volants Non Identifiés ). Special Report of the USAF Scientific Advisor Board ad hoc Committee to Review Project "Blue Book", Symposium on Unidentified Flying Objects ( Symposium sur les Objets Volants Non identifiée ) Auditions devant le Comité des Sciences et de l'Astronautique, Chambre des Représentants des Etats-Unis, Deuxième Session, 29 juillet 1968 ).

Dès que le Rapport a été disponible, le 15 novembre 1968, la Commission a commencé son examen par une première lecture du Rapport par chacun de ses membres pendant une période de deux semaines. La Commission s'est réunie le 2 décembre pour discuter des premières appréciations de ses membres, pour examiner la tache de la Commission ( Portée, méthodologie et conclusions du Rapport ) et pour déterminer la ligne à suivre dans son étude. Ce dernier point inclut l'étude d'autres documents présentant l'opinion, et les conclusions de personnes techniquement qualifiées ( Par exemple les documents cités ci-dessus ), la poursuite de l'examen du résumé et des conclusions, l'étude approfondie des chapitres spécialisés du Rapport par les membres compétents de la Commission. Pendant toute cette période les discussions ont continué par correspondance et par téléphone. La Commission s'est réunie à nouveau le 6 janvier 1969 pour clore ses délibérations et préparer ses conclusions, présentées ci-dessous.

I. PORTÉE DE L'ETUDE

L'étude faite par l'Université du Colorado a commencé en octobre 1966 et duré environ deux ans. L'étude détaillée de 59 témoignages d'OVNI est présentée avec 68 illustrations ; parmi ces témoignages, 10 datent d'avant le projet mais étaient tellement documentés qu'ils ont été inclus dans le Rapport. Un chapitre est consacré aux OVNI dans l'Histoire, un autre aux programmes d'étude des OVNI de l'étranger et un autre encore aux OVNI ayant été signalés au cours des 20 années précédant l'étude. Dix chapitres sont consacrés aux problèmes de la perception, aux processus de perception et de témoignage, aux aspects psychologiques de témoignages d'OVNI, à l'optique, aux radars, au bang sonique, aux interprétations en terme d'électricité atmosphérique et de plasma, aux ballons, aux instruments utilisés pour les recherches sur les OVNI et les analyses statistiques ( vingt quatre annexes précisent l'arrière plan technique détaillé de l'étude. Le volume 4 est terminé par un index de 27 pages ).

A notre avis la portée de l'étude était à la hauteur de ses ambitions : c'est bien une étude scientifique du phénomène OVNI.

II. MÉTHODOLOGIE

En règle générale, des déplacements sur le terrain ont été effectués pour enquêter seulement sur les témoignages d'OVNI datant de moins d'un an. Le Rapport signale que presque toutes les observations d'OVNI sont de courte durée, rarement une heure et habituellement quelques minutes. Ainsi la plupart des enquêtes ont consisté à interviewer les personnes ayant fait les rapports. Trois équipes constituées de deux personnes chacune ( un chercheur en physique, un psychologue ), ont été utilisées pour aller enquêter, lorsque les communications téléphoniques avec les personnes ayant observé les OVNI donnaient espoir d'obtenir des informations plus complètes. Le but recherché était d'envoyer une équipe sur le site aussi rapidement que possible dès qu'une observation était signalée.

( Les recherches ont montré que presque tous les cas pouvaient être classés en catégories de farces, supercheries, interprétations naïves et divers types d"interprétations erronées. Quelques cas peu nombreux qui n'entraient dans aucune de ces catégories, sont restés inexpliqués ).

Les matériaux et conditions justifiant d'une étude en laboratoire ont été analysés, par exemple des prétendus morceaux d'OVNI par analyse chimique les pannes d'allumage des automobiles par simulation et les photos d'OVNI par analyse photogrammétrique ( Sur 35 cas de photos étudiées, les résultats ont montré que 9 semblent avoir été fabriquées, 7 sont classées comme phénomène naturel ou créé par les hommes, 12 fournissaient des données insuffisantes pour une analyse et 7 étaient considérées comme pouvant avoir été fabriquées ; aucune n'a fourni la preuve qu'il s'agissait "d'objets réels hautement étranges" ).

L'Université a utilisé du personnel techniquement qualifié. Le groupe de l'Université ( du Colorado ) comprenait un sous-groupe chargé des enquêtes sur le terrain ; leurs récits et leurs interprétations des cas sont sensés et suffisants. Des groupes faisant autorité ont été engagés sous contrat pour des travaux spécialisés - par exemple le Stanford Research Institute pour les questions d'anomalies radar et une filiale de la Raytheon Corporation pour les analyses photogrammétriques. Il a été tenu compte des opinions divergentes des quelques spécialistes qui ont étudié les OVNI. L'histoire du sujet a été aussi passée en revue, y compris les expériences de certaines nations étrangères. Enfin il a été fait appel à de nombreux spécialistes travaillant dans divers laboratoires du secteur public ou privé.

Le Rapport exprime clairement qu'avec les moyens les plus perfectionnés dont nous disposons, il n'est pas possible pour tous les rapports d'OVNI de les rapprocher d'un phénomène identifiable connu. Aucune recherche, passée, présente ou future, ne peut fournir de preuve pour affirmer de façon catégorique qu'un phénomène familier puisse nécessairement être rapproché de chaque observation. Sur ce sujet le Rapport est dépourvu de tout dogmatisme. Il devient clair aussi quand on reprend les descriptions d'observations d'OVNI, que ce soit dans le Rapport ou ailleurs, que si certains cas ne peuvent être identifiés de façon certaine comme des phénomènes familiers, il n'est pas possible non plus de les associer de façon certaine à des visiteurs extraterrestres ou artefacts.

Nous pensons que la méthodologie et la façon d'aborder le problème ont été bien choisies et répondent aux critères reconnus de la recherche scientifique.

CONCLUSIONS

L'étude conclut que :

  1. Environ 90 % de tous les rapports d'OVNI peuvent être associés à des phénomènes ordinaires de façon plausible

  2. Que peu de choses ( s'il en est sorti quelque chose ) sont sorties des études d'OVNI au cours des 21 dernières années, qui auraient contribué à augmenter les connaissances scientifiques et

  3. Une étude approfondie supplémentaire des observations d'OVNI n'est pas justifiée par l'espoir que la science fera des progrès de ce fait. Il est signalé également dans le Rapport que c'est une opinion qui repose sur les éléments actuellement disponibles.

Les conclusions et les évaluations du Rapport, au nombre de huit pour l'essentiel, et présentées dans sa première partie traitent du secret officiel qui entoure les OVNI, des OVNI en tant que menace possible pour la Défense, de la conduite future du Gouvernement au sujet des OVNI ; cinq traitent de la question de savoir si , à la lumière de cette étude des recherches complémentaires sur les OVNI semblent justifiées. Nous reprenons ces conclusions et évaluations résumées ci-dessous en y joignant nos commentaires.

1 - A propos du caractère secret des OVNI. Le sujet est-il "voilé" par le secret officiel ? L'étude n'a trouvé aucun argument pour une telle affirmation.

Nous acceptons cette conclusion de l'étude.

2 - A propos de la Défense :

  1. Y a-t-il des preuves que les observations d'OVNI peuvent représenter un danger pour notre Défense. Aucune preuve n'a été mise à jour dans l'étude. Ceci, néanmoins n'était pas son propos et a été analysé comme étant l'affaire du Department of Defense.

  2. Le Rapport constate : "L'histoire de ces 21 dernières années a conduit à maintes reprises les fonctionnaires de l'Air Force à conclure qu'aucun des objets vus ou supposés avoir été vus et connus sous le nom d'observation d'OVNI n'ont constitué un risque ou une menace pour la sécurité nationale".

Nous partageons l'opinion émise au point (a). En ce qui concerne le point (b) nous n'avons trouvé aucune preuve ni dans le Rapport ni ailleurs contredisant l'affirmation citée.

3 - A propos des futures observations d'OVNI. "La question se pose toujours quant à ce que doit faire le Gouvernement fédéral des rapports d'OVNI qu'il reçoit du public ?" - Le Rapport n'a trouvé aucun fondement pour une activité associée à de tels rapports d'observation "dans l'espoir qu'ils contribueront à faire progresser la science" ; mais le "Department of Defense" devrait continuer de traiter ces cas dans le cadre des opérations normales de surveillance sans qu'il y ait besoin d'unités spéciales comme le projet Blue Book.

Nous partageons cet avis.

4 - ( 8 ). A propos d'enquêtes complémentaire. ( 4 ) Est-ce que le Gouvernement fédéral doit "monter une nouvelle opération d'envergure, comme certains l'ont suggéré, pour l'étude scientifique des OVNI ?". L'étude n'a trouvé aucune raison pour émettre une telle recommandation.

( 5 ) Est-ce qu'une étude complémentaire des observations d'OVNI pourrait contribuer à faire progresser la science ?

"Notre conclusion générale est qu'il n'est rien sorti de l'étude des OVNI au cours des 21 dernières années qui ait ajouté quelque chose à nos connaissances scientifiques". Le Rapport fait ensuite remarquer que certains thèmes de recherche peuvent justifier une étude :

( 6 ) "Il y a des domaines importants dans l'optique atmosphérique, y compris la propagation des ondes radio, et dans l'électricité atmosphérique, où nos connaissances actuelles sont tout à fait incomplètes. Ces thèmes nous sont suggérés par l'interprétation de certains rapports d'OVNI mais ils présentent aussi un intérêt scientifique fondamental et sont en rapport avec des problèmes pratiques liés à l'amélioration de la sécurité de l'aviation militaire et civile. Des efforts de recherches sont faits dans ces domaines par le Department of Defense, l'Environmental Science Service Administration, la National Aeronautics and Space Administration ( NASA ) et par des universités et organismes de recherches à but non lucratif comme le National Center for Atmospheric Research dont les travaux sont financés par la National Science Foundation" ( Fondation Nationale pour la Science )".

Le Rapport fait aussi remarquer :

( 7 ) que les notifications d'OVNI et les croyances qui les accompagnent présentent de l'intérêt pour les "chercheurs en sciences sociales et les spécialistes de la communication". Dans ces domaines surtout - c'est-à-dire ( 6 ) et ( 7 ) - le Rapport suggère ( 8 ) que les "chercheurs ayant une formation et une compétence appropriée, qui ont un projet précis et bien défini" devraient être soutenus, ce qui implique que des procédures de concours et d'évaluation de propositions devraient continuer à être suivies.

Nous sommes d'accord avec ces évaluations et recommandations.

IV. CONCLUSION DE LA COMMISSION

L'étendue des sujets traités dans le Rapport est très vaste et ses différents chapitres qui traitent des divers aspects du sujet devraient être d'un grand intérêt pour les chercheurs de nombreux domaines. Ses analyses et ses conclusions sont pertinentes et utiles comme référence pour évaluer les activités dans ce domaine. Et nous partageons l'opinion qu'aucune priorité ne saurait être accordée à la recherche sur les OVNI au vu des données récoltées au cours des deux décades passées.

Nous sommes unanimes pour reconnaître que ce travail a été un effort honorable d'utilisation objective des techniques scientifiques appropriées pour trouver une solution au problème OVNI. Le Rapport reconnaît qu'il reste des observations d'OVNI difficilement explicables. Néanmoins le Rapport suggère tant de directions raisonnables et possibles dans lesquelles une explication pourrait être éventuellement trouvée qu'il semble qu'il n'y ait aucune raison de les attribuer à des causes extraterrestres sans preuves convaincantes.

Le Rapport montre également les difficultés qu'il y a à appliquer avec quelque chance de succès des méthodes scientifiques à des observations éphémères. Si une étude de certains aspects du sujet ( des phénomènes atmosphériques par exemple ) peut être intéressante, celle des OVNI, en général, n'est pas une manière prometteuse d'améliorer la compréhension scientifique des phénomènes. A partir de nos connaissances actuelles l'explication la moins probable des OVNI est l'hypothèse de visites extraterrestres d'êtres intelligents.

MEMBRES DE LA COMMISSION :    Gerald M. Clemence,
Président - Université de Yale
 
H. R. Crane
Université du Michigan
 
Marc Kac
Université Rockfeller
 
David M. Dennison
Université du Michigan
 
Francis W. Reichelderfer
Washington D.C.
 
Wallace I. Fenn
Université de Rochester
 
William W. Rubey
Université de Californie à Los Angeles
 
H. Keffer Hartline
Université Rockfeller
 
C.D. Shane
Santa Cruz, California
 
E.R. Hilgard
Université de Stanford
 
Oswald G. Villard, Jr
Université de Stanford
 

 




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