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CENTRE NATIONAL D'ETUDES SPATIALES
Groupe d'Etudes des Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés
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Toulouse, le 27 avril 1981 N° 111 CT/GEPAN
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NOTE TECHNIQUE N° 7
COMPTE RENDU DE L'ENQUETE 79/05
"A propos d'une rencontre"
-
RÉSUMÉ D'UNE ENQUÊTE
- 1.1. PRÉSENTATION DU CAS - CHRONOLOGIE
- 1.1.1. Les 7 et 8 novembre 79
- 1.1.2. Le 9 novembre 79
- 1.1.3. Le 11 novembre 79
- 1.1.4. Le 12 novembre 79
- 1.1.5. Le 18 novembre 79
- 1.1.6. Le 28 novembre 79
- 1.1.7. Le 31 mai et le 1er juin 80
- 1.1.8. Juin 80
- 1.2. ANALYSE DES DIFFÉRENTS ELEMENTS RECUEILLIS
- 1.2.1. Analyse de l'itinéraire
- 1.2.2. Données météorologiques et position des astres
- 1.2.3. Le rôle éventuel du "Tagamet"
- 1.2.4. Analyse de l'évolution du témoignage
- 1.2.5. Les méthodes du GU1
- 1.3. CONCLUSION DE L'ENQUÊTE
- ANNEXES
-
QUE PENSER DE L'HYPNOSE ?
TÉMOIGNAGE SOUS HYPNOSE ET PREUVE "UFOLOGIQUE"
-
2.1. Définitions et théories et présence
- 2.1.1. La théorie de Pavlov
- 2.1.2 Les théories issues de la psychologie expérimentale
- 2.1.3. Les théories psychanalytiques
- 2.2. La narco-analyse et l'hypnose dans le monde judiciaire
- 2.3. Conclusion
- Quelques définitions
- Bibliographie
ANNEXE 1
DOCUMENTATION SUR LE TAGAMET
BARBIER J.PH., HIRSH J.F.
Confusion mentale chez un malade traité par la cimétidine
Nouv. presse Méd., 1978, 7, 1484
BERAUD J.J., MONTEIL A.L., MUNOZ A., MIROUZE J.
Confusion mentale au cours d'un traitement par la cimétidine
Nouv. Presse Méd., 1978, 7, 2570
BUNODIERE M.
Cimétidine : complications neuropsychiques
Nouv. Presse Méd., 1978. 7, 1387
DEHENEFFE Y., REYNAERT M., TREMOUROUX J.
Confusion mentale au cours de pancréatites traitées par cimétidine
Nouv. Presse Méd., 1978, 4303
DELANEY J.C., RAVEY M.
Cimetidine and mental confusion
Lancet, 1977, II, 512
FLIND A.C., ROWLEY-JONES D.
Mental confusion and cimetidine
Lancet, 1979, Feb. 17
GRIMSON T.A.
Réactions to cimetidine
Lancet, 1977, 1, 858
ILLINGWORTH R.N., JARVIE DR.
Absence of toxicity in cimetidine overdosage
British Med. J., 1979, 1, 453-454
JAMES W., JEFFERSON M.
Central nervous systen toxicity of cimetidine : a case of depression
Amer. J. Psychiatry, 1979, 136, 346
MC MILLEN M.A., AMBIS D., SIEGEL J.H.
Cimetidine and mental confusion
New Eng. J. Med., 1978, 298, 284-285
MENZIES-GOW N.
Cimetidine and mental confusion
Lancet, 1977. 2, 928
MEREDITH T.J., VOLANS G.N.
Managenent of cimetidine overdose
Lancet, 1979, Dec. 22/29
NELSON P.G.
Cimetidine and métal confusion
Lancet, 1977, 2, 928
PETITE J.P., BLOCH F.
Syndrome dépressif au cours d'un traitement par la cimétidine
Nouv. Presse Méd., 1978, mars 31
QUAP C.W.
Confusion : an adverse réaction to cimetidine therapy
Drug Intell. Clin. Pham., 1978, 12, 121
ROBINSON T.J., MULLIGAN T.O.
Cimetidine and mental confusion
Lancet, 1977, 2, 719
SCHENTAG J.J., CALLERI G., ROSE J.Q., CERRA F.B., DEGLOPPER E., BERNARD H.
Pharmacokinetic and clinical studies in patients with cimetidine-associated mental confusion
Lancet, 1979. Jan. 27
ANNEXE 2
Résultat de l'analyse de sang de M. LAURENT, effectuée sur la demande du
Dr. NORBERT, le 14 novembre 1979.


ANNEXE 3
Carte du ciel du mercredi 7 novembre 1979 - 20 h 00 TU :

Carte du ciel du mercredi 7 novembre 1979 - 20 h 30 TU :

Carte du ciel du mercredi 7 novembre 1979 - 21 h 00 TU :

QUE PENSER DE L'HYPNOSE ?
D. AUDRERIE
"TÉMOIGNAGE SOUS HYPNOSE ET PREUVE UFOLOGIQUE :
UNE PAROLE D'ÉVANGILE EN QUESTION"
-
2.1. DES DÉFINITIONS, AUX THÉORIES EN PRÉSENCE
- 2.1.1. LA THEORIE DE PAVLOV
- 2.1.2. LES THEORIES ISSUES DE LA PSYCHOLOGIE EXPERIMENTALE
- 2.1.3. LES THEORIES PSYCHANALYTIQUES
- 2.2. LA NARCO-ANALYSE ET L'HYPNOSE DANS LE DOMAINE JUDICIAIRE
- 2.3. CONCLUSION
- QUELQUES DÉFINITIONS
- BIBLIOGRAPHIE
QUE PENSER DE L'HYPNOSE ?
TÉMOIGNAGE SOUS HYPNOSE ET PREUVE "UFOLOGIQUE" :
UNE "PAROLE D'ÉVANGILE" EN QUESTION
Qui n'a assisté au moins une fois à l'un de ces numéros d'hypnose où les
spectateurs volontaires se voient "endormis" par l'opérateur qui, grâce au seul
pouvoir de sa parole, leur fait oublier leur date de naissance, les rend
insensibles à des piqûres, les empêche de se lever ou de s'asseoir, même
après le réveil ?
Toutes ces petites joyeusetés correspondent à un phénomène très réel qui
peut avoir des applications médicales ( sur le plan de l'anesthésie, par
exemple ). Cependant, le terme d'hypnose évoque aussi pour beaucoup de
personnes, un moyen d'investigation permettant de déceler les mensonges en
annihilant la volonté consciente de l'hypnotisé. Chez nombre d'ufologues, en
particulier, c'est une méthode couramment utilisée pour les cas dits
d'enlèvements ou de rencontres du troisième type.
On sait que les utilisateurs de cette technique, considèrent généralement
l'hypnose comme un moyen irréfutable d'obtenir des preuves quant à
l'authenticité objective d'un témoignage
( 1 )
déjà fourni à l'état de veille par un
sujet, tout en apportant un surplus d'informations sur ce qu'il dit avoir vécu
d'extraordinaire : la séance d'hypnose révélera ce qui aurait été oublié par le
sujet.
Mais, si le problème de la valeur de l'hypnose est parfois abordé dans les
revues ufologiques( 2 ),
nous ne connaissons pas d'exemple où l'utilisation de
cette méthode d'investigation se trouve justifiée, selon la règle propre à toute
méthodologie scientifique.
C'est pourquoi il semble intéressant de s'interroger dans ces quelques lignes
sur la valeur du témoignage recueilli nous hypnose, par le biais des
connaissances scientifiques déjà acquises dans ce domaine, au niveau de la
nature mémo de l'hypnose en donnant un bref aperçu des modèles explicatifs
en présence, et en insistant sur le domaine et le caractère spécifique de la
relation hypnotiseur/hypnotisé. Nous considérerons aussi le rapport entre
l'hypnose et le "sérum de vérité" ou narco-analyse et son utilisation éventuelle
dans le domaine judiciaire, avant de conclure par un retour sur la valeur de
l'hypnose dans la recherche "ufologique".
2.1. DES DÉFINITIONS AUX THÉORIES EN PRÉSENCE
Nous retiendrons deux définitions, la première élaborée par la Commission de
la British Medical Association ( 1955 ), citée par CHERTOK
( 3 ) et la seconde
d'Errol LEIGHTON, extraite de sa thèse de doctorat en médecine
( 4 ) :
"L'hypnose est un état passager d'attention modifiée chez le sujet, état
qui peut être produit par une autre personne, et dans lequel divers
phénomènes peuvent apparaître spontanément ou en réponse à des
stimulus verbaux ou autres. Ces phénomènes comprennent un
changement dans la conscience et la mémoire, une susceptibilité accrue
à la suggestion et l'apparition chez le sujet de réponses et d'idées qui ne
lui sont pas familières dans son état d'esprit habituel. En outre, des
phénomènes comme l'anesthésie, la paralysie, la rigidité musculaire et
des modifications vaso-motrices peuvent être, dans l'état hypnotique,
produits ou supprimés".
"En résumé, l'hypnose est un état mal connu et mal défini. Nous pourrions penser qu'il s'agit d'un état particulier parfois appelé "état
second" ou "transe" caractérisé par :
une baisse de la vigilance avec obtusion du champ de conscience plus ou moins intense pouvant apparaître,
associées ou non à une amnésie :
soit spontanément par la fixation involontaire d'un son, d'une image, ...,
soit induite par un thérapeute et dans ce cas, il existe une
possibilité de relation transférentielle et de suggestion,
l'apparition d'une suggestibilité dans certains cas, donc d'une
vulnérabilité et d'une pénétrabilité du patient tant dans
l'immédiat que dans le futur, à plus ou moins brève échéance.
D'autre part, l'apparition de modifications au niveau du système nerveux
et de l'axe neuro-végétatif ( modification du tonus musculaire, de l'état
des réflexes, de la vitesse des mouvements, de la tension artérielle, des
rythmes cardiaques et respiratoires, de la vasomotricité, ... ).
En quelques mots, c'est un état confusionnel de déconnexion du
milieu-ambiant spontané ou induit où il est possible dans certains cas de
prendre en charge et d'orienter les réponses neuro-végétatives et
comportementales du sujet, non seulement au cours de cette simulation
mais encore après le retour à l'état normal".
On voit que la définition de LEIGHTON, plus complète que la première, fait
coïncider entre autres l'état hypnotique avec une "possibilité de relation
transférentielle et de suggestion". C'est sur cette dimension du rapport
hypnotiseur/hypnotisé que nous insisterons plus bas, grâce à l'apport de la
théorie psychanalytique, mais considérons tout d'abord avec CHERTOK
( 5 ) la
théorie Pavlovienne et celle inspirée de la psychologie expérimentale.
2.1.1. LA THEORIE DE PAVLOV
Elle a été construite à partir de l'expérimentation sur l'animal. Elle conçoit
l'hypnose comme un sommeil, une inhibition partielle alors que persistent des
"points vigiles" permettant le rapport hypnotiseur/hypnotisé. Trois phases
hypnoïdes ont été distinguées par PAVLOV :
une phase d'égalisation,
une phase paradoxale ou "de suggestion",
une phase ultra-paradoxale selon le degré d'influence des excitants conditionnés en présence.
Transposé à l'homme, ce modèle doit intégrer le rôle du langage la parole
deviendra un "stimulus" aussi "matériel" que n'importe quel stimulus physique,
mais ces deux types de stimulus ne peuvent être comparés à cause de
l'existence du passé vécu chez l'homme. D'où les deux critiques émises par
CHERTOK :
l'Ecole Pavlovienne n'envisage pas les couches inconscientes dans l'histoire affective du sujet,
la communication inter-subjective ne se fait pas uniquement sur le plan verbal.
2.1.2. LES THEORIES ISSUES DE LA PSYCHOLOGIE EXPÉRIMENTALE
Évoquons ici les travaux de WHITE ( 1941 ) définissant le comportement
hypnotique comme "significatif, orienté vers un but, lequel consiste
essentiellement à se comporter comme une personne hypnotisée
conformément aux indications constamment données par l'expérimentateur et
aux idées que s'en fait le sujet", et de ORNE ( 1959 ) insistant sur l'importance
des facteurs sociaux-culturels sur le comportement de l'hypnotisé
( 6 ) et
s'interrogeant sur la nature de l'interaction hypnotiseur/hypnotisé, où chacun
des personnages impliqués doue le rôle que l'autre attend de lui : "le sujet se
conduit comme s'il ne pouvait pas résister aux suggestions de l'hypnotiseur et
ce dernier joue le rôle d'un personnage tout puissant. Ainsi, non seulement le
sujet éprouvera une hallucination suggérée, mais l'hypnotiseur agira comme si
le sujet hallucinait réellement".
BROTTEAUX ( 1938 ) insistera lui aussi sur la communication inconsciente
entre l'hypnotiseur et l'hypnotisé. Les recherches de BARBER, inspirées de
celles de BERNHEIM, assimilent hypnose et suggestion à l'état de veille, chez
des sujets prédisposés. CHERTOK montre à ce propos la fragilité de la
théorie de BERNHEIM, puisque ce dernier reconnaît l'existence d'un état de
"sommeil incomplet" autre que la pure suggestibilité.
Mais si JANET évoque déjà la "dissociation" psychique ( activité "automatique"
de certains courants de conscience - cas des "personnalités multiples" et du
somnambulisme spontané ), c'est FREUD et les psychanalystes qui
préciseront le rôle fondamental de l'inconscient au cours de l'état hypnotique,
au sein de la relation hypnotiseur/hypnotisé.
2.1.3. LES THEORIES PSYCHANALYTIQUES
Construites à partir de l'observation clinique, elles font entrer en jeu le
caractère transférentiel( 7 )
de cette relation hypnotiseur/hypnotisé et précisent
le processus régressif à l'œuvre dans l'hypnose. Pour FREUD, "le rapport
hypnotique consiste dans l'abandon amoureux total à l'exclusion de toute
satisfaction sexuelle", il souligne aussi le caractère de soumission de la
relation hypnotiseur/hypnotisé : l'hypnotiseur prenant la place de l'Idéal du Moi
du sujet, jouerait le rôle du père tout-puissant de la "horde primitive".
Malgré certaines divergences de vues entre les auteurs, nous retiendrons des
travaux d'autres psychanalystes( 8 )
pour qui la relation hypnotique se caractérise par :
l'identification du sujet hypnotisé à l'opérateur perçu ici comme détenteur
de la toute-puissance magique, d'où la réalisation par le malade de ses
propres fantasmes infantiles ;
une situation de réactivation du complexe d'Oedipe ( voir définitions en
fin de chapitre ) : la relation transférentielle correspondant à celle de la
cure analytique, le sujet hypnotisé est placé dans une situation de
régression massive provoquée de deux façons par l'opérateur. Celui-ci
agit simultanément sur les pulsions infantiles au sein de la relation
archaïque instaurée, et déclenche une réduction du champ
sensori-moteur et idéationnel.
Le transfert est actionné par gratification : l'hypnotiseur fait don de ses
paroles, la suggestion est reçue comme une "bonne nourriture". Mais,
même au sein de cette relation, les défenses et les résistances ne sont
pas complètement abolies par le sujet hypnotisé. CHERTOK dit avoir
lui-même constaté( 9 )
que "les sujets profondément hypnotisés gardent
encore assez de liberté pour déformer la vérité à certaines occasions".
STEWART parle de complicité dans la relation hypnotiseur/hypnotisé "le
contenu inconscient dynamique est aussi une attaque agressive contre
l'hypnotiseur... La transe hypnotique peut être conçue comme une complicité
entre l'hypnotiseur et le sujet pour nier l'attaque agressive de ce dernier sur
l'hypnotiseur, et en même temps, c'est une manifestation de cette attaque".
"Libéré dans une grande mesure du pouvoir du Surmoi ( voir définitions en fin
de chapitre ), l'hypnotisé pourra donner libre cours à l'apparition de souvenirs
jusque-là réprimés".
Notons ici que "réprimés" signifie selon la théorie analytique "refoulés",
c'est-à-dire repoussés, maintenus dans l'inconscient, car pénibles et
dangereux pour le conscient, ce processus étant lié au mécanisme de défense
du sujet.
Reste à considérer à présent le rapport entre le contenu de ces souvenirs et
leur valeur de témoignage. Nous nous aiderons ici de l'ouvrage de
CLAUCHARD : "Hypnose et suggestion", Chapitre IV, après avoir précisé les
relations entre l'hypnose et le "sérum de vérité", plus justement appelé
narco-analyse. Pour DELAY, la narco-analyse apparait comme la dissolution
des instances supérieures volontaires et conscientes du psychisme
permettant la libération d'instances inférieures inconscientes ou volontaires
inhibées".
2.2. NARCO-ANALYSE ET L'HYPNOSE DANS LE DOMAINE JUDICIAIRE
Nous savons avec CHUCKARD que la narco-analyse
( 10 ) est un compromis
entre l'hypnose et la psychanalyse. C'est en injectant certains barbituriques
( amytal ou pentothal ) que le sujet sera en état de somnolence narcotique.
Comme dans l'hypnose, la censure va disparaître. "Tous les souvenirs sont
présents et le médecin va avoir pour unique rôle de les recueillir ( ... ).
L'analyse se pratique suivant la technique psychanalytique, si bien qu'on ne
doit pas faire appel à la suggestion".
CHAUCHARD souligne cependant la forte suggestibilité du sujet en état de
narcose : grâce à la narco-analyse( 11 ),
on peut " inciter à l'aveu des pensées
les plus secrètes, et suggérer des conduites ou des opinions. Mais, comme
dans la vieille hypnose, il y a des limites à cette suggestion, et ce que
quelqu'un ne veut pas avouer ou ne veut pas faire, il ne le fera pas, surtout s'il
a une forte personnalité qui survit même sous narcose ; un sujet affaibli déjà
prêt à tout accepter ou tout avouer sous l'influence d'autres causes, verra sa
résistance totalement s'effondrer sous narco-analyse. Il ne faut pas oublier
ces différences de sensibilité, et déduire de ce que certains résistent, que tous
pourraient le faire. La narco-analyse n'est donc en rien ce qu'en style
journalistique, on a appelé un "sérum de vérité", elle n'apporte rien de
sensationnellement nouveau et constitue simplement un moyen de
psychanalyse accélérée à l'usage de médecins avertis, seuls capables
d'interpréter les réponses. Celles-ci pourront contenir toutes les vérités de
l'esprit, aussi bien les rêves que les faits réels, des mensonges voulus, des
oublis volontaires et enfin des réponses suggérées".
C'est pourquoi CHAUCHARD précise qu'il ne saurait "en être question pour
une enquête judiciaire en dehors même de toute considération morale. Le seul
point pratique sera son utilisation en tant que narco-diagnostic de la simulation
car un simulateur ne peut résister à un tel traitement : un prétendu aphasique
fut reconnu pouvoir parler ; mais DELMAS-MARSALET signale le cas d'un
faux amnésique de guerre qui garda son secret et ne révéla pas sa
personnalité".
Si la narco-analyse est inadéquate dans le domaine judiciaire, nous allons voir
à présent quelles sont les limites de l'utilisation de l'hypnose dans ce même
domaine, en prenant l'exemple de l'usage de cette technique dans la justice
américaine.
Dans son article paru dans "Le matin de Paris" du 12-13 avril 80, p. 4,
Marie-Gisèle LANDES nous informe que l'hypnose est désormais utilisée
officiellement par des agents du FBI ( sélectionnés en fonction de leur
ancienneté et de leur formation universitaire en psychologie ), dans le but de
freiner la criminalité. L'hypnose aurait ainsi permis entre autres, de retrouver le
numéro d'immatriculation d'un véhicule utilisé par des gangsters, alors que le
témoin ne s'en souvenait plus à l'état de veille ou de connaître la description
précise d'un agresseur alors que la victime en avait oublie les traits.
Cependant, un agent spécial du FBI précisera à M-G LANDES que "l'hypnose
n'est pas un détecteur de mensonges ; en plus, nous n'hypnotisons jamais un
suspect. Un suspect, s'il est coupable est, par définition, un menteur,
l'hypnose étant par définition aussi la porte ouverte à toutes les imaginations,
à toutes les fantaisies, le menteur deviendra, sous hypnose, un super
menteur... Ceux que nous soumettons à l'hypnose, ce sont certaines victimes,
certains témoins. Quel intérêt est-ce qu'ils auraient, ceux-là, à mentir ?"
La rédactrice de l'article nous fait également part des critiques concernant
cette utilisation de l'hypnose, en citant les déclarations de deux célèbres
hypnotistes américains, E. HILLARD et M. ORNE : "un témoin qui
pense posséder une information, mais... n'est pas sûr, pourra, sous hypnose,
être soudain convaincu de sa validité et jeter la police sur une fausse piste
qui nécessitera des mois de travail ... pour rien".
Le Directeur du Laboratoire de recherches sur l'hypnose de l'Université de
Stanford affirme de son côté : "c'est bien connu que l'hypnose peut aider le
sujet à se fabriquer des souvenirs qui n'existent pas".
2.3. Conclusion
Trois idées sous-tendent, à notre sens, l'idée de l'hypnose comme source
d'informations à caractère infaillible :
Ainsi, l'hypnose n'a pas de valeur en soi sur le plan du témoignage. Elle peut
seulement fournir des pistes ouvrant la voie à une vérification ( il en est de
même pour la radiesthésie ). C'est uniquement à ce stade.
Cette courte étude nous parait donc apporter suffisamment d'éléments de
connaissances pour éviter de s'auto-suggestionner en considérant comme
"parole d'Évangile" les témoignages sous hypnose.
Gardons-nous de confondre un prétendu sérum de vérité avec une
authentique boite à illusions.
QUELQUES DÉFINITIONS CONCERNANT LE CHAPITRE 2
-
TRANSFERT
( Définition du Vocabulaire de la Psychanalyse de LAPLANCHE et
PONTALIS, PUF, 4ème édition 1973 - p. 492)
Désigne, en psychanalyse, le processus par lequel les désirs inconscients
s'actualisent sur certains objets dans le cadre d'un certain type de relation
établi avec eux et éminemment dans le cadre de la relation analytique. Il
s'agit là d'une répétition de prototypes infantiles vécue avec un sentiment
d'actualité marqué ( … ). Ce transfert est classiquement reconnu comme le
terrain où se jouent la problématique d'une cure psychanalytique, son
installation, ses modalités, son interprétation et sa résolution caractérisant
celle-ci.
-
CONTRE-TRANSFERT
(Op. Cit. p. 79)
Ensemble de réactions inconscientes de l'analyste à la personne de
l'analysé et plus particulièrement au transfert de celui-ci.
-
COMPLEXE D'OEDIPE
(Op. Cit. p. 79)
Ensemble organisé de désirs amoureux et hostiles que l'enfant éprouve à
l'égard de ses parents. Sous sa forme dite positive, le complexe se
présente dans l'histoire d'Oedipe-Roi : désir de la mort de ce rival qu'est le
personnage du même sexe et désir sexuel pour le personnage de sexe
opposé.
Sous sa forme négative, il se présente à l'inverse : amour pour le parent du
même sexe et haine jalouse du parent de sexe opposé. En fait, ces deux
formes se retrouvent à des degrés divers dans la forme dite complète du
complexe d'Oedipe. Selon FREUD le complexe d'Oedipe est vécu dans sa
période d'acmé entre 3 et 5 ans, lors de la phase phallique ; son déclin
marque l'entrée dans la période de latence. Il connaît à la puberté une
reviviscence et est surmonté avec plus ou moins de succès dans un type
particulier de choix d'objets.
Le complexe d'Oedipe joue un rôle fondamental dans la structuration de la
personnalité et dans l'orientation du désir humain (...).
-
SURMOI
(Op. Cit. P. 471)
Une des instances de la personnalité (...). Son rôle est assimilable à celui d'un
juge ou d'un censeur à l'égard du moi. FREUD voit dans la conscience
morale, l'auto-observation, la formation d'idéaux des fonctions du surmoi (...).
-
LA NARCO-ANALYSE
(Vocabulaire de psychologie (cf. Bibliographie) p. 291)
Procédé d'exploration du psychisme consistant en la suppression d'inhibition
par l'introduction dans l'organisme d'un hypnotique euphorisant ( dont le
penthotal est le type ).
Aux limites du sommeil, les confidences sont facilitées, des souvenirs oubliés
ressurgissent, des sentiments refoulés s'extériorisent. Ce "déblocage" fournit
au psychothérapeute les éléments qui orientent le traitement.
Il suffit parfois à lui seul à entraîner la guérison ( HORSLEY - 1936 ).
BIBLIOGRAPHIE
-
OUVRAGES
Dr. L. CHERTOK
L'hypnose
Palis, Payot, 1979
P. CHAUCHARD
Hypnose et suggestion
Paris, PUF, 1974
E. LEIGHTON
Considérations sur les états hypnotiques et conséquences médico-légales
Thèse Médecine Bordeaux II - 1973, n° 247
J. LAPLANCHE et JB. PALIS
Vocabulaire de la psychanalyse
Paris, PUF, 1967
H. PIERON
Vocabulaire de la psychologie
Paris, PUF, 6ème édition, 1979
J. GUIEU, F. FONTAINE, JP. PREVOST. S. N'DIAYE
Contacts OVNI à Cergy-Pontoise
Ed. du Rocher, 1980
-
REVUES, QUOTIDIENS
The journal of UFO studies
Vol I, n° 1, p 101-107 - by R.L. SPINKLE : What are the implications of UFO
experiences ?
Flying Saucer Review
Vol 25, n° 5, sept-oct 1979, p. 28-31, by A. DRUFFEL :
Hypnose regression of UFO abductees : How reliable is the infornation
obtained ?
Lumières dans la nuit
Mars 1980, p. 11-20, par C. HIND : Rencontre rapprochée du 3ème type +
séance d'hypnose à Mindalore ( Afrique du Sud )
Le Matin de Paris
12-13 avril 1980, p. 4
par M. G. LAMES : L'hypnose dans la justice américaine.
FIN
© CNES
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