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CENTRE NATIONAL D'ETUDES SPATIALES
Groupe d'Etudes des Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés
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Toulouse, le 4 novembre 1981 N° 0262 CT/GEPAN
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NOTE D'INFORMATION N°3
Les études de Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés aux Etats-Unis
2ème Partie : "Les premières études officielles"
AVERTISSEMENT
Les Notes d'informations sont généralement constituées de documents et de comptes rendus de travaux
auxquels le GEPAN n'a pas participé. Le GEPAN a alors seulement choisi de les publier en raison de leur importance
historique ou théorique, pour une bonne connaissance et compréhension du problème des phénomènes aérospatiaux
non identifiés. Cependant, cette décision de publication ne signifie en rien que le GEPAN s'associe aux idées,
théories ou conclusions présentées dans ces textes. Elles restent sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.
C'est dans les Notes Techniques que le GEPAN fournit les informations relatives à ses propres activités.
TABLE DE MATIERES
COMPTE-RENDU DES REUNIONS DE LA
COMMISSION CONSULTATIVE SCIENTIFIQUE
SUR LES OBJETS VOLANTS NON-IDENTIFIES
REUNIE PAR LE BUREAU DU RENSEIGNEMENT SCIENTIFIQUE
C. I. A.
DU 14 AU 18 JANVIER 1953
F. C. DURANT

SOMMAIRE
- OBJET
- 1ère Partie :
- Historique des Réunions de la Commission
- 2ème Partie :
- Commentaires et Suggestions de la Commission
- Généralités
- Sur l'absence de danger
- Système de compte rendu de l'AIR FORCE
- Manifestations d'origine extra-terrestre
- Observation de TREMONTON ( UTAH )
- Dangers potentiels induits
- Situations géographiques des observations inexpliquées
- Procédures à mettre en œuvre pour obtenir des données
- Problèmes d'interférence mutuelle des radars
- Phénomènes inexpliqués de rayons cosmiques
- Programme éducatif
- Groupes d'investigation privés
- Augmentation du nombre d'observations
- Compte rendu de la Commission
- Liste des documents présentés
- Liste des personnes concernées par ces réunions
LEXIQUE DES SIGLES
( Note du GEPAN )
AD/SI : Assistant Director for Scientific Intelligence -
Directeur Adjoint chargé du Renseignement Scientifique
O/SI : Office of Scientific Intelligence -
Bureau du Renseignement Scientifique
DCI : Director of Central Intelligence -
Directeur du Renseignement Central
ATIC : Air Technical Intelligence Center -
Centre de Renseignement Technique de l'Air
IAC : Intelligence Advisory Committee -
Comité Consultatif du Renseignement
ADC : Air Defense Command -
Commandement de la Défense Aérienne
USN : Marine des Etats Unis
PIL : Photo Interpretation Laboratory -
Laboratoire d'Analyse Photographique
16 février 1953
- Mémorandum à :
- Bureau du Directeur Adjoint chargé du Renseignement Scientifique
- De :
- Objet :
- Compte-rendu des Réunions de la Commission Consultative du Renseignement Scientifique
du Bureau du Renseignement Scientifique, sur les Objets Volants Non Identifiés.
14 janvier au 18 janvier 1953.
-
But :
-
Le but de ce mémorandum est de présenter :
- un bref historique des réunions de la Commission consultative O/SI ( Office of Scientific Intelligence,
Bureau du Renseignement Scientifique ) sur les Objets Volants Non identifiés ( 1ère partie ).
- un supplément non-officiel au compte-rendu officiel de la Commission au profit de AD/SI ( Assistant
Director for Scientific Intelligence - Directeur Adjoint chargé du Renseignement Scientifique ) présentant
des commentaires et des suggestions des Membres de la Commission, commentaires et suggestions que ceux-ci
estimaient ne pas devoir être inclus dans le rapport officiel ( 2ème partie ).
GENERALITES :
Après examen du sujet "Objets Volants Non Identifiés", lors de la réunion du 4 décembre du Comité Consultatif
du Renseignement, l'action suivante a été approuvée :
-
Le Directeur du Renseignement Central :
- a - engagera les services de scientifiques choisis pour vérifier et évaluer les témoignages disponibles à la lumière
de théories scientifiques pertinentes..."
A la suite de quoi, délégation fut donnée pour cette action à l'Assistant du Directeur chargé du Renseignement
scientifique, une enquête préliminaire fut menée et une Commission Consultative de Scientifiques choisis fut constituée.
En coopération avec le Centre du Renseignement Technique de l'Air Force, on fournit à cette commission pour étude
et examen, l'historique des cas d'observation ayant fait l'objet de rapports ainsi que les données associées.
Les personnes suivantes étaient présentes à la réunion initiale du mercredi 14 janvier à 09 H 30 :
Dr H.P. ROBERTSON, Dr Luis W ALVAREZ, Dr Thornton PAGE,
Dr Samuel A. GOUDAMIT, Mr Philip G. STRONG, Lt. Col. Frederick C. E. ODER (P & E Division),
Mr. David B. STEVENSON (W & E Division) et le Rédacteur.
Le Dr LLOYD V. BERKNER, Membre de la Commission fut absent jusqu'au vendredi après-midi.
MM. ODER et STEVENSON, présents à toutes les sessions pour se familiariser avec le sujet, témoignèrent
de l'intérêt réel porté au sujet par leurs Divisions et fournirent un support administratif à ces réunions
( La liste des personnes concernées par ces réunions est donnée en Table C ).
MERCREDI MATIN
AD/SI ouvrit la séance, passant en revue l'intérêt porté au sujet par la C.I.A., et les actions qui avaient
été menées. Ce récapitulatif faisait état du Groupe de Travail O/SI d'Août 1952
( STRONG, ENG et DURANT ) aboutissant à l'exposé devant le DCI
( Director of Central Intelligence, Directeur du Renseignement Central ), de l'exposé de l'ATIC du 21
novembre, de l'étude IAC du 4 décembre, de la visite à ATIC ( Chadwell, Robertson,
et Durant ) ainsi que de l'intérêt porté par O/SI sur les dangers potentiels concernant la Sécurité
Nationale pouvant être indirectement liés à ces observations. M. STRONG énuméra ces dangers potentiels.
A la suite de cette introduction, le Dr CHADWELL confia la présidence de cette Commission au Dr ROBERTSON.
Le Dr ROBERTSON énuméra les témoignages disponibles et demanda que certaines personnes présentes prennent
en considération des rapports et lettres particuliers ( TABLE B ). Par exemple, la liste des cas
concernant des observations radar, ou observations radar plus observations visuelles, fut confiée au Dr ALVAREZ
tandis que les rapports sur le phénomène de la Boule de Feu Verte, sur les lumières nocturnes ainsi que les propositions
de programmes d'investigation, furent confiés au Dr PAGE. A la suite de ces remarques, on projeta les films des
observations de TREMONTON ( UTAH ) du 2 juillet 1952, et de GREAT FALLS ( MONTANA )
du 15 août 195-. La réunion se termina à 12 h 00.
MERCREDI APRES-MIDI
La seconde réunion de la Commission débuta à 14h 00 Le Lt R.S. NEASHAM, U.S.N,
et Mr. Harry WOO du Laboratoire d'Interprétation photographique de l'U.S. NAVY d'ANACOSTIA, présentèrent
les résultats des analyses qu'ils effectuèrent sur les films mentionnés plus haut. Cette analyse conduisit à une très
importante discussion dont il est fait état ci-dessous. En plus des Membres de la Commission et du personnel
de la C.I.A., les personnes suivantes étaient présentes :
Cpt. E.J. RUPPELT, Dr J. Allen HYNEK , Mr. DEWEY, J. FOURNET
Cpt Harry B. SMITH (2-e-2) et le Dr. STEPHEN POSSONY.
A la suite de la présentation faite par le Laboratoire d'Interprétation Photographique, M. E.J. RUPPELT fit un
exposé d'environ 40 minutes sur les méthodes de l'ATIC concernant la gestion et l'examen des comptes rendus
d'observations ainsi que sur les efforts effectués pour améliorer la qualité de ces comptes rendus. La séance fut
suspendue à 17h 15.
JEUDI MATIN
Les 3ème et 4ème réunions de la Commission furent tenues le jeudi 15 janvier à partir
de 9h 00, avec une interruption de deux heures pour le déjeuner. M. RUPPELT et le Dr HYNEK étaient présents
aux deux sessions, en plus des membres de la Commission et du personnel de la C.I.A. Durant la session du matin,
M. RUPPELT poursuivit son exposé sur les procédures mises en oeuvre par l'ATIC concernant la collecte et l'analyse
des données. L'apport du Projet STORK, mené au BATTELLE MEMORIAL INSTITUTE de COLUMBUS fut
décrit par le Dr. HYNEK. Un certain nombre de cas furent discutés, en détail et on projeta un film
sur les mouettes. Une interruption de deux heures intervint à midi pour le déjeuner.
JEUDI APRES-MIDI
A 14h 00, le Lt Col. ODER ouvrit la séance avec un exposé de 40 minutes sur le projet TWINKLE, projet
de surveillance systématique mené par le Centre de Recherche Météorologique de l'AIR FORCE, de CAMBRIDGE MASS.
VENDREDI APRES-MIDI
La séance reprit à 14 H 00. Le Dr HYNEK était présent à cette séance en plus des membres de la Commission et
du personnel de la C.I.A. Pour la première fois, le Dr LLOYD V. BERKNER fut présent à cette réunion. Les différentes
réunions précédentes furent récapitulées par le président de la Commission et des conclusions préliminaires furent
établies. Une discussion générale s'ensuivit et l'on en tira les premières recommandations. On convint que le Président
de la Commission rédigerait un rapport de la Commission pour AD/SI dans l'après-midi pour examen par la Commission,
le matin suivant.
La séance fut levée à 17 h 15.
SAMEDI MATIN
A 9h 45, le Président ouvrit la 7ème séance et présenta une ébauche du rapport de la Commission à
ses membres. Cette version avait été tout d'abord examinée et approuvée par le Dr. BERKNER. Les deux heures et
demi suivantes furent consacrées à la discussion et à l'amendement de cette version.
A 11h 00, AD/SI rejoignit la séance et déclara qu'il avait montré et discuté une copie de la première version du
rapport avec le Directeur du Renseignement de l'US AIR FORCE, qui avait eu une réaction favorable.
La séance fut suspendue à 12 h 00.
SAMEDI APRES-MIDI
A 14 H 00, la 8ème et dernière séance de la Commission fut ouverte. La première heure fut
occupée en discussions et en reformulations de certaines phrases du Rapport ( Un exemplaire du rapport final
est annexé en Table A ). A la suite de quoi, on récapitula le travail accompli par la Commission et
on représenta une série d'opinions de suggestions personnelles des Membres de la Commission sur des détails
qui apparaissaient inappropriés à une inclusion dans le rapport officiel. On convint que le rédacteur incorporerait
ces commentaires dans un compte-rendu interne à AD/SI. Ces commentaires sont présentés ci-dessous.
2ème Partie :
COMMENTAIRES ET SUGGESTIONS DE LA COMMISSION
GENERALITES
Les Membres de la Commission furent impressionnés ( comme le furent d'ailleurs d'autres gens dont le
personnel d'O/SI ) par le manque de données solides dans la grande majorité des témoignages d'observations
ainsi que par le manque d'enquête rapide dû principalement à la taille modeste et aux possibilités limitées de la section
ATIC concernée. Parmi les récits d'observations significatives qui furent discutés, on trouve les cas suivants :
BELLEFONTAIN, Ohio ( 1er Août 1952 ) - TREMONTON, Utah
( 2 juillet 1952 ) - YAAK, Montant ( 1er septembre 1952 ) - zone
de WASHINGTON, D.C. ( 19 juillet 1952 ) et Base Aérienne BANEDA, PRESQUE ISLE, Maine ( 10
octobre 1952 ).
Après examen et discussions sur ces cas ( avec 15 autres en moindre détail ), la Commission conclut
que des explications raisonnables pouvaient être suggérées pour la plupart des observations et que "par déduction
et par méthode scientifique, on pouvait en déduire ( sous réserve de données complémentaires )
que les autres cas pourraient être expliqués de manière similaire". La Commission souligna que l'on ne pouvait fournir
d'explication finale pour chaque cas du fait d'une part de la brièveté de certaines observations ( ex. 2 à 3
secondes ) et d'autre part, de l'impossibilité dans laquelle se trouvaient les témoins à s'exprimer clairement.
De plus, on considéra qu'il faudrait, normalement, dépenser énormément d'efforts pour essayer de résoudre la
plupart des observations à moins que ce genre d'action bénéficie d'une formation et d'un programme éducatif
( voir ci-après ). On fit référence aux écrits de Charles FORT pour faire apparaître qu'il y a des
centaines d'années que l'on possède des témoignages sur "d'étranges choses dans le ciel". Il paraissait évident
qu'il n'y avait pas d'explication unique pour la majorité des choses observées. La présence, dans la Commission,
de spécialistes en astronomie et en radar, sert d'emblée de témoignage au fait que ceux?ci admettent l'existence
de phénomènes liés à leurs domaines d'activités. Il est clair que la participation de spécialistes dans des
domaines tels que psychologie, météorologie, aérodynamique, ornithologie et opérations aériennes militaires,
contribuerait à augmenter la capacité de la Commission à identifier beaucoup plus de catégories de phénomènes
peu connus.
SUR L'ABSENCE DE DANGER
La Commission conclut unanimement qu'il n'y avait aucune preuve de menace directe pour la sécurité
nationale résultant des objets ayant donné lieu à des observations. On cita les exemples des "Foo Fighters"
( Chasseurs Fantômes ). Ce furent des phénomènes inexpliqués observés par des pilotes d'avion
durant la 2ème Guerre Mondiale sur les théâtres d'opérations Européens et d'Extrême-orient,
phénomènes qui se traduisaient par des "boules de lumière" volant à côté ou avec les avions et manœuvrant
rapidement. On pensa qu'il s'agissait de phénomènes électrostatiques ( analogues au feu de ST-ELME )
ou électromagnétiques, ou peut-être également des réflexions de lumière sur des cristaux de glace en suspension
dans l'air, mais leur cause ou nature exacte ne fut jamais éclaircie.
Robertson et Alvarez participèrent, tous les deux, aux enquêtes sur ces phénomènes, mais David T. Griggs
( professeur de Géophysique à l'université de Californie à LOS ANGELES ) est connu pour avoir été la
personne qui en savait le plus sur ce sujet. Si le terme de "soucoupes volantes" avait été vulgarisé en
1943-1945, il est probable que l'on aurait ainsi appelé ces objets. Il faut remarquer que, au moins pour deux
cas examinés, l'objet observé fut catalogué par Robertson et Alvarez comme étant probablement, des "Foo-Fighters"
inexpliqués mais non dangereux. Ce ne fut pas de gaieté de cœur qu'ils abandonnèrent ces observations en les
cataloguant sous ce nom. Ils étaient intimement convaincus que ces phénomènes n'échappaient cependant pas
au domaine de la connaissance actuelle en science physique.
SYSTEME DE COMPTE-RENDU DE L'AIR FORCE
L'opinion de la Commission était qu'une partie de l'intérêt manifesté par l'U.S. AIR FORCE au sujet des
OVNI ( nonobstant l'anxiété de l'Air Defense Command au sujet des poursuites radar rapides )
était probablement due à la pression publique. Le résultat actuel est que l'AIR FORCE a mis en place un canal précis
pour la réception de comptes-rendus sur tout ce qu'aurait pu voir n'importe qui dans le ciel et qu'il n'aurait pu
comprendre. Ceci a particulièrement été encouragé par des articles de vulgarisation sur ce sujet et sur d'autres
thèmes tels que voyage dans l'espace et science-fiction : le résultat est une réception massive de comptes-rendus
de mauvaise qualité tendant à saturer les moyens de communications avec des informations n'ayant aucun
rapport avec des objets hostiles ayant pu un jour apparaître. La Commission fut d'accord dans son ensemble pour
considérer que cette masse de comptes-rendus de mauvaise qualité contenant peu ou pas du tout de données
scientifiques, n'avait aucune valeur. Tout à fait à l'opposé, il était peut-être dangereux d'avoir une entité militaire
encourageant l'intérêt public pour "les lumières nocturnes serpentant dans le ciel". Le corollaire immédiat étant
que ces objets étaient ou pouvaient être des menaces potentielles directes sur la sécurité nationale du fait même
qu'une agence militaire s'y intéressait. De ce fait, il y avait un besoin apparent de minimiser le problème. On donne
ci-dessous des commentaires sur un éventuel programme d'éducation.
L'opinion du Dr Robertson était que le problème de la "soucoupe" avait été de nature différente de celui
de l'identification et des investigations sur les missiles guidés allemands V1 et V2 avant leur utilisation opérationnelle
pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Durant cette opération de Renseignement, baptisée CROSSBOW 1943-1944,
il y eut un excellent travail de Renseignement effectué et en juin 1944, il y eut des preuves matérielles de l'existence
"d'engins", preuves obtenues à partir de véhicules qui s'étaient écrasés en Suède. Ces preuves fournirent aux
équipes d'investigation une base sur laquelle elles pouvaient opérer. L'absence de tout "matériau" à la suite
d'observations d'OVNI inexpliquées donne au problème posé à l'ATIC une nature de "feu follet". Les résultats
de leurs enquêtes à la date d'aujourd'hui indiquent clairement qu'il n'existe aucune preuve d'acte hostile ou
de danger. D'autre part, le système de comptes-rendus actuel n'aurait que peu de valeur dans le cas de détection
d'une attaque ennemie par des avions conventionnels ou des missiles guidés. Dans ces cas, "les pièces matérielles"
seraient disponibles presque immédiatement.
MANIFESTATIONS D'ORIGINE EXTRA-TERRESTRE
Il est intéressant de noter qu'aucun des membres de la Commission n'est enclin à accepter que la terre ait pu
être visitée un jour par des êtres intelligents extra-terrestres, quels qu'ils soient. Ils ne trouvèrent aucune preuve
pouvant servir de liens entre les objets observés et des voyageurs de l'espace. M. FOURNET dans sa présentation
montra comment il avait éliminé chacune des causes connues ou probables des observations pour ne garder
que l'explication extra-terrestre comme la seule restante dans de nombreux cas. La formation de FOURNET est
celle d'un ingénieur aéronautique et d'un Officier de Renseignement Technique ( Project Officer dans le
Blue Book pendant 15 mois ) et doit être prise en considération. Cependant, la Commission ne put accepter
aucun des cas qu'il avait présenté du fait que c'étaient des comptes-rendus grossiers et non évalués.
Des explications terrestres pour les observations furent avancées dans quelques cas, et pour certains
autres la durée de l'observation était si brève qu'elle pouvait faire penser à des impressions visuelles.
Le Dr GOUDAMIT et d'autres notèrent que les manifestations extra-terrestres, si tant est qu'elles existent,
n'étaient pas un sujet d'alarme mais plutôt qu'elles appartenaient au domaine des phénomènes naturels, objets
d'études scientifiques comme l'avaient été les rayons cosmiques à l'époque de leur découverte 20 ou 30 ans
auparavant. Le Dr ROBERTSON ne fut pas d'accord avec cette attitude car il estimait que de telles manifestations
devraient mobiliser immédiatement non seulement les Etats-Unis, mais tous les pays. ( Rien de mieux qu'une
menace commune pour unir les peuples ! ).
Le Dr PAGE fit remarquer que la connaissance astronomique actuelle du système solaire rendait très improbable
l'existence ailleurs que sur la terre, d'êtres intelligents ( au sens où nous l'entendons ) et que la
concentration de leur attention par quelque moyen contrôlable, sur un continent quelconque de la terre,
était parfaitement absurde.
OBSERVATION DE TREMONTON, UTAH
Ce cas fut considéré comme significatif du fait de l'existence d'une excellente preuve documentaire sous la forme
de film KODACHROME ( environ 1600 images ). La Commission étudia ce film, le récit de l'observation,
l'interprétation de l'ATIC et suivit un exposé des représentants du Laboratoire d'Interprétation photographique
de l'US NAVY, sur leur analyse du film.
Cette étude ( réalisée pour l'Air Force ) avait demandé approximativement 1 000 hommes/heure
de professionnels ou de semi-professionnels pour la préparation des représentations graphiques de chaque image
du film montrant le mouvement apparent et relatif des objets et les variations de leur intensité lumineuse. L'opinion
de ces représentants du P. I. L. était que les objets observés n'étaient ni des oiseaux, ni des ballons, ni des avions,
que ce n'était pas non plus "des phénomènes de réflection car il n'y avait aucun obscurcissement en parcourant 60°
d'arc et qu'ils étaient donc lumineux par eux-mêmes".
On diffusa les représentations de vitesse et les variations d'intensité lumineuse des objets. Bien que les membres
de la Commission furent impressionnés par l'enthousiasme évident, le travail fourni et les efforts déployés par l'équipe
du P. I. L., ils ne purent accepter les conclusions produites. Quelques-unes des raisons de ce refus sont données
ci-dessous :
un objet semi-sphérique peut facilement produire une réflection de la lumière solaire
sans "obscurcissement" au cours d'un déplacement de 60° arc,
bien qu'il n'existât aucune donnée sur "l'albédo" des oiseaux ou des ballons de polyéthylène
en forte lumière solaire, la vitesse apparente, les tailles et les luminosités des objets furent considérées comme
suggérant fortement les oiseaux et ce particulièrement après que la Commission eut vu un court métrage montrant la
réflectivité importante des mouettes dans une lumière solaire éclatante.
la description des objets observés par le P. I. L. comme "circulaires, de couleur bleuâtre" peut
être obtenue dans ces cas de réflexions spéculaires de la lumière solaire à partir de surfaces convexes où la brillance
de la réflexion obscurcirait d'autres parties de l'objet.
les objets du cas de Great Falls avaient été reconnus pour être probablement des avions
et les lumières éclatantes être dues à de telles réflexions ( sur les avions )
on ne présenta aucune raison valable concernant la tentative de relation des objets de l'observation
de TREMONTON à ceux de l'observation de GREAT FALLS. Cela peut avoir été dû à une mauvaise interprétation
de leurs directives. On soupçonne fort que les objets des observations de GREAT FALLS sont des phénomènes
de réflexion sur des avions que l'on sait avoir été dans cette zone.
le changement d'intensité des lumières de TREMONTON était trop important pour accepter
l'hypothèse du P. I. L. à savoir que la vitesse apparente et le changement d'intensité lumineuse indiquaient
des vitesses extrêmement élevées de petites cibles orbitales.
le manque d'encadrement des enquêteurs par des gens familiers des comptes rendus
sur les OVNI et de leurs explications.
l'analyse de l'intensité lumineuse des objets fut réalisée à partir d'une copie des films plutôt
que de l'original. On remarqua que le film original avait un fond beaucoup plus lumineux ( modifiant la luminosité
relative d'un objet ) et que les objets apparaissaient sur cet original beaucoup moins brillants.
la méthode d'obtention des données d'intensité lumineuse apparut défectueuse du fait
de la non-adéquation des équipements utilisés et des hypothèses, sujettes à caution, utilisées pour réaliser les
moyennes de lecture.
on n'obtint aucune donnée sur la sensibilité du film KODACHROME à des lumières d'intensités
différentes en utilisant le même type de caméras et les mêmes ouvertures de diaphragme.
les fréquences de vibrations de la main ( qui pouvaient être déduites de la première partie
du film de TREMONTON ) ne furent pas éliminées des tracés des "plottages du passage unique" de la fin du film.
La Commission fut fortement convaincue que les données disponibles sur cette observation, étaient suffisantes
pour une identification positive si l'on avait obtenu des données supplémentaires en photographiant des ballons
de polyéthylène en forme "d'oreiller" lâchés près du lieu d'observation dans des conditions météorologiques
semblables, en vérifiant le vol des oiseaux et les caractéristiques de réflexion avec des ornithologues compétents
et en calculant les forces "G" apparentes agissant sur les objets à partir de leurs traces apparentes. Ils en conclurent
que les résultats de tels tests auraient probablement amené des explications crédibles valables pour un programme
éducatif ou un programme de formation.
Cependant, la Commission nota que l'on ne saurait justifier le coût de l'effort technique humain exigé pour
étudier et expliquer chacun des milliers de comptes rendus reçus par différentes voies chaque
année ( 1900 en 1952 ). On estima qu'il y aurait toujours des observations pour lesquelles on
manquerait complètement de données et que l'on ne pourrait expliquer qu'au prix d'efforts disproportionnés
et avec énormément de temps, si tant est que l'on aboutisse. L'importance du temps exigé pour expliquer une
observation tend à éliminer toute valeur de "renseignement". Le programme éducatif ou de formation pourrait avoir
comme objectif principal, la suppression de la croyance populaire qui voudrait, aussi pauvres que soient les données,
que toute observation doive être expliquée en détail. On devrait attirer l'attention sur le fait que d'un point de vue
scientifique un phénomène nouveau, pour pouvoir être accepté, doit être complètement documenté et ce, d'une
manière convaincante. En d'autres ternes, c'est à l'observateur de faire la preuve et non à celui qui explique.
DANGERS POTENTIELS INDUITS
Les membres de la Commission furent d'accord avec l'opinion de O/SI, à savoir que bien qu'il n'y eut aucune preuve
de menace directe, des dangers induits pouvaient exister résultant des raisons ci-dessous :
- mauvaise identification des manifestations de l'ennemi réel par le personnel de défense,
- surcharge des voies de comptes?rendus d'alerte par de "fausses" informations ( analogie
avec le "rapport signal/bruit" - Brekner )
- propension du public à l'hystérie collective et plus grande vulnérabilité de celui-ci à une éventuelle
guerre psychologique ennemie.
Bien que les deux premiers de ces problèmes ne concernent pas la C.I.A., ils peuvent cependant affecter
sérieusement le dispositif de renseignement de l'Air Défense et devront être étudiés par des experts peut-être
sous le contrôle de l'Air Défense Command ( ADC ). Si les OVNI étaient discrédités par réaction
à l'épouvantail "soucoupes volantes" ou si les voies de communications étaient saturées avec des comptes-rendus
erronés ou pauvrement documentés, notre capacité à détecter des activités hostiles serait réduite.
Le Dr PAGE fit remarquer qu'il était nécessaire d'avoir un meilleur tri et filtrage des observations faisant l'objet
de comptes-rendus et ce, à la source ou près de la source et que la meilleure façon d'y parvenir était un programme
d'éducation.
SITUATIONS GEOGRAPHIQUES DES OBSERVATIONS INEXPLIQUEES
La carte préparée par ATIC représentant les emplacements géographiques des observations inexpliquées
ayant fait l'objet de comptes-rendus officiels ( uniquement pour 1952 ) fut examinée par la Commission.
Cette carte mettait en évidence des concentrations dans certaines zones stratégiques telles que LOS ALAMOS.
Ce fait peut être expliqué par la surveillance 24 heures sur 24 et la sensibilisation aux mesures de sécurité existant
dans de telles zones. D'un autre côté, il n'y eut aucune observation au voisinage de points sensibles directement liés
à AE, ( probablement Actual Emergency ou Actual Enemy ( N.D.G. ) ) alors qu'il y eut
occasionnellement de multiples cas d'observations inexpliquées dans des zones non-stratégiques. D'autre part,
ces observations ne semblent pas avoir de relation logique avec des centres de population. La Commission
ne put déterminer aucune explication valable pour ces concentrations. On remarqua cependant que si des
manifestations terrestres devaient être observées, il est probable qu'elles devraient l'être d'abord près de
zones frontalières plutôt qu'au centre des Etats-Unis.
PROCEDURES A METTRE EN OEUVRE POUR OBTENIR DES DONNÉES
L'opinion de la Commission était que le programme actuel de l'ATIC consistant à placer une centaine de caméras
stéréo 35 mm bon marché dans les mains de contrôleurs de la navigation aérienne dans les aéroports, produirait
probablement peu de données OVNI valables. On reconnut cependant qu'une telle action aurait pour effet de
diminuer l'intérêt du public pour ce sujet jusqu'à ce qu'un programme éducatif soit effectif, on admit que la fourniture
de ces caméras était partiellement le résultat de la pression publique de juin 1952. Compte-tenu des maigres résultats
obtenus avec le Projet TWINKLE, programme d'un an de veille systématique 24 h sur 24 ( on obtint
seulement deux images de film ne montrant rien de discernable ), on ne pouvait compter sur un vaste programme
de surveillance du ciel pour amener beaucoup de données directes de valeur. Il y eut d'innombrables discussions
sur une éventuelle "patrouille du ciel" par des astronomes amateurs ( Hynek ) et par des caméras
à grand champ ( Page ). Le Dr PAGE et le Dr ROBERTSON soulignèrent qu'actuellement une très
importante fraction du ciel était maintenant - et l'était depuis de nombreuses années - sous
surveillance toutes les nuits claires dans le cadre de divers programmes d'observation de météores et d'aurores
de même que dans le cadre de programmes de cartographie du ciel dans les différents sites énumérés ci-après.
Bien que l'attention de ces astronomes soit largement orientée vers les objets identifiés plutôt que non identifiés
les Drs PAGE et HYNEK n'ont connaissance d'aucun cas de découverte d'objets non identifiés.
Une telle observation aurait très probablement fait l'objet d'un compte-rendu si elle avait été trouvée sur les
plaques d'une patrouille. On cita le cas où un astronome refusa d'interrompre sa prise de vue pour photographier
dans une partie différente du ciel, une observation supposée. Cela conduisit le Dr HYNEK à dire que si l'on pouvait
adjoindre un programme de surveillance à des programmes astronomiques prévus, l'impact du coût serait faible et
que de ce fait, du personnel astronomique entraîné pourrait photographier une observation ou un objet non identifié.
on donne ci-dessous l'emplacement de quelques-uns de ces programmes ainsi que le nom de leurs directeurs :
- Université de HARVARD, CAMBRIDGE et NEW MEXICO ( patrouille Météores ) Whipple.
- Observatoire de Yerkes, Université de CHICAGO et FORT DAVIS ( Texas ) ( différents
programmes ) - Meinel ( aurores ) - Kuiper ( astéroïdes )
- Morgan ( Caméra à grand champ ).
- Université d'ALASKA, FAIRBANKS ( aurores ) - ELVEY.
- Observatoire du Dominion, OTTAWA ( météores ) - MILLMAN
- Observatoire du Mont Palomar - Californie - Cartographie du ciel - Minkowski
- Observatoire de Lick - Californie - Cartographie du ciel - Shane.
La Commission admit qu'aucun programme d'observation optique du ciel, à l'échelle nationale, patronné par le
gouvernement, ne valait pas la peine d'être mis en place et que, encourager des astronomes amateurs à prendre
en mains un tel programme aurait un effet contraire à celui recherché, c'est-à-dire qu'il produirait un accroissement
de l'intérêt du public pour les histoires de "soucoupes volantes". Cependant, l'utilisation de caméras asservies
aux écrans radar pour enregistrer des échos radar particuliers servirait dans plusieurs cas, en particulier pour
une meilleure compréhension des interférences radar ainsi que pour l'identification des OVNI.
PROBLEMES D'INTERFÉRENCE MUTUELLE DES RADARS
C'est un problème caractéristique des opérations radar où une impulsion ( de fréquence sensiblement
identique ) émise par une station A peut être accrochée par un écran radar d'une station B et peut alors
se présenter sous la forme d'une trace de grande vitesse ou sous la forme d'une série de points. Ce phénomène
est reconnu pour avoir probablement provoqué un grand nombre de comptes-rendus d'OVNI. Ce problème fut mis
en évidence par des informations reçues indiquant l'intérêt manifesté par l'Air Defense Command pour résoudre
ce problème d'identification du signal avant l'utilisation d'avions très rapides ou de missiles guidés
( 1955-1956 ). Le Dr BERKNER pense qu'une réponse à ce problème serait l'utilisation "d'un filtre
Doppler" dans le circuit de réception. Le Dr ALVAREZ suggéra que le problème pourrait être mieux résolu à l'aide
d'un "Jitter contrôlé" où l'opérateur recevant "des traces très rapides" ( de l'ordre
de 1 600 à 16 000 km/h ) mettrait en service un circuit qui modifierait légèrement la fréquence
d'impulsions de sa station. Si le signal reçu sur l'écran était provoqué par une interférence mutuelle avec une autre
station, la trace se trouverait alors d'office à une distance différente par rapport au centre de l'écran, si tant est
qu'elle apparaisse encore. Le Dr ALVAREZ estime qu'une telle solution technique est plus simple et beaucoup moins
onéreuse qu'un "filtre Doppler".
PHENOMENES INEXPLIQUES DE RAYONS COSMIQUES
On examina deux cas ayant fait l'objet de comptes-rendus : l'un en octobre 1949 au Mont-Palomar, en
Californie lorsque le compteur de rayons cosmiques "s'affola durant quelques secondes" et ce apparemment, alors
qu'on observait visuellement une formation en "V" de soucoupes volantes.
Le deuxième cas concerne une série d'observations faites par "L'Association de Surveillance des Oiseaux
de LOS ALAMOS" d'août 1950 à janvier 1951, lorsque les compteurs de coïncidence de rayons cosmiques se
conduisirent bizarrement. Les diagrammes de circuit et les enregistrements furent disponibles par la suite et le
Dr ALVAREZ fut rapidement capable de mettre en évidence que les données enregistrées étaient sans l'ombre d'un
doute dues à des effets instrumentaux qui auraient dû être reconnus comme tels par des observateurs plus expérimentés.
La Commission rejeta donc l'idée qu'il pourrait y avoir corrélation entre des effets radioactifs et des objets volants
non-identifiés dans ces deux cas.
PROGRAMME ÉDUCATIF
Le concept de la Commission sur un large programme éducatif intégrant les efforts de toutes les agences concernées
est que ce programme devrait avoir deux objectifs principaux : la formation et la "démystification".
L'objectif de formation devrait se concrétiser par une reconnaissance correcte des objets inhabituellement
illuminés ( par exemple les ballons et les réflexions d'avions ) ainsi que des phénomènes naturels
( météores, boules de feu, mirages, nuages lumineux la nuit ). Cela concerne à la fois la reconnaissance
visuelle et la reconnaissance radar. Il y aurait de nombreux niveaux dans une telle formation allant des hommes
de troupe au personnel de commandement et de recherché. Une accentuation relative et des degrés d'explication
des différents programmes devraient correspondre à chaque catégorie de personnels ( par exemple
opérateurs radar, pilotes, contrôleurs de tour, personnels du Corps des Observateurs au Sol, officiers et hommes
de troupe dans d'autres catégories ). Cette formation devrait se traduire par une réduction marquée
des comptes-rendus provoqués par des erreurs d'identification et par la confusion résultante.
L'objectif de "démystification" devrait se traduire par une réduction de l'intérêt du public pour les "soucoupes
volantes" qui provoquent aujourd'hui une forte réaction psychologique. Cette éducation devrait être réalisée
au moyen des "mass média", tels que télévision, films et articles de vulgarisation. La base de cette éducation
pourrait être l'histoire de cas réels qui furent tout d'abord considérés comme des énigmes mais qui furent ensuite
expliqués. De même pour les cas de canulars, il y a beaucoup moins d'incitations si le "secret" est dévoilé. Un tel
programme devrait conduire à réduire la crédulité du public et par conséquent sa vulnérabilité à une adroite
propagande hostile. La Commission remarqua que l'absence générale de propagande russe sur un sujet offrant
de si évidentes possibilités d'exploitation pourrait indiquer une éventuelle politique officielle russe dans ce domaine.
La Commission émit différentes suggestions concernant la mise en place d'un tel programme éducatif. On sentit
clairement que des psychologues familiers des problèmes de psychologie de masse devraient être consultés sur la
nature de ce programme et y être impliqués. Dans cette orientation, on proposa le Dr Hadley CANTRILL de l'Université
de Princeton. CANTRILL est l'auteur de "Invasion from Mars" ( Les Martiens nous envahissent )
- une étude sur la psychologie de panique tirée de la fameuse émission de radio d'Orson Wells de 1938
et il a depuis lors réalisé de nombreuses études de pointe en laboratoire dans le domaine de la perception.
On mentionna également les noms de Don Marquis ( Université de Michigan ) et de Léo Rosten,
comme d'éventuels psychologues consultants qui conviendraient pour cette tâche.
De même, il serait intéressant d'avoir également quelqu'un familiarisé avec les techniques de communication
de masse, éventuellement un expert en publicité. On mentionna le nom d'Arthur Godfrey comme une possible voie
valable de communications pouvant atteindre une audience de masse à certains niveaux.
Le Dr Berkner suggéra que le Centre d' Equipements Spéciaux de l'US Navy ( ONR ) de Sands
Point, L. I., pourrait être une organisation potentiellement valable pour fournir un support â un tel programme
éducatif. On cita les méthodes d'enseignement utilisées par cette agence pour l'identification des avions durant
la Deuxième Guerre Mondiale, comme étant une tâche similaire à celle requise dans le programme éducatif.
On proposa également Jam Handy Co. qui fit des films d'entraînement de la Deuxième Guerre Mondiale ( films
et transparents ), de même que les dessins animés de Walt Disney Inc. Le Dr HYNEK proposa que les astronomes
amateurs des Etats-Unis puissent être une source de talent enthousiaste pour "prêcher la bonne parole".
On estima également que les associations professionnelles si les écoles secondaires, les grandes écoles,
et les stations de télévision seraient prêtes à coopérer dans la présentation de films documentés pour peu qu'ils
soient préparés de manière intéressante. L'utilisation de cas concrets présentant d'abord le "mystère" et
ensuite "l'explication" serait un outil puissant.
Pour planifier et mettre en service ce type de programme, la Commission estima qu'il n'y avait pas de "sale besogne".
Le groupe d'Investigation actuel de l'ATIC devrait être, par nécessité, intégré étroitement à ce support, pas
seulement pour les cas historiques, mais aussi pour les cas actuels. Les cas récents sont probablement plus faciles
à résoudre que les anciens. D'abord parce qu'ils bénéficient des expériences de l'ATIC et ensuite parce que l'on
dispose d'explications les plus plausibles. La Commission estima qu'il faudrait certainement augmenter l'effort
de l'ATIC pour, pouvoir fournir un support à ce genre de programme. Il parut inopportun de dimensionner
exactement l'organisation nécessaire.
Le Capitaine Ruppelt de l'ATIC proposa officieusement, pour l'analyse et l'évaluation des comptes-rendus,
l'organisation suivante :
- Une commission d'analystes composée de 4 officiers.
- Quatre officiers enquêteurs.
- Un officier chargé des exposés.
- Un officier de liaison avec l'Air Defense Command
- Un officier chargé des données Météo et des données ballon
- Un consultant astronome
- Un chef de groupe, avec assistant administratif, des documentalistes et des sténographes.
Cette proposition reçut un accueil généralement favorable. La Commission estima qu'avec le support de l'ATIC,
le programme éducatif de "formation et de démystification" décrit plus haut pourrait être mis en place pour un
minimum d'un à deux ans. A la fin de cette période, les dangers liés aux "soucoupes volantes" auraient considérablement
diminué, si ce n'est disparu. Il serait absolument nécessaire de coopérer avec les autres entités militaires et agences
concernées ( par exemple l'Administration Fédérale de Défense Civile ). Pour enquêter sur des cas
significatifs ( du type des observations de TREMONTON, UTAH ) on allait avoir besoin de réaliser des
expériences contrôlées. Un exemple de ces expériences aurait été de photographier des "ballons oreiller" à différentes
distances dans des conditions météo similaires, sur le site. De surcroit, il serait nécessaire d'être aidé par un ou
deux psychologues ainsi que par des écrivains et des sous-traitants pour produire les films de formation.
La Commission considéra que les efforts de l'ATIC, momentanément augmentés suivant les besoins, pourraient être
des plus profitables s'ils mettaient en oeuvre toute action résultant de ses recommandations. L'expérience et les
dossiers de l'ATIC seront des éléments de valeur à la fois pour l'éducation du public et pour le programme de formation
des services officiels qui a été envisagé. Au moins, le Dr ROBERTSON pensait, qu'une section très modeste de l'ATIC
aurait encore un rôle à jouer en travaillant sur des éléments résiduels pouvant avoir éventuellement valeur de
renseignement scientifique, une fois que le public aurait perdu sa crédulité et que les organisations officielles telles
que l'Air Defense Command auraient été entraînées à trier et à éliminer les fausses observations les plus facilement
expliquées.
Cette section devrait concentrer énergiquement son action de recherche sur les cas qui semblaient mettre en
évidence des manifestations d'un ennemi non conventionnel ( ces actions pourraient peut-être être menées
sur directive de membres qualifiés du Bureau Consultatif Scientifique de l'Air Force ). Les comptes-rendus
de telles manifestations proviendraient plus probablement d'avant-postes occidentaux à proximité du Rideau
de Fer, plutôt que de Lubbock, Texas !
GROUPES D'INVESTIGATION PRIVES
La Commission prit connaissance de l'existence de ces groupes comme "Les Enquêteurs Civils sur les Soucoupes
Volantes" ( Los Angeles ) et "L'organisation de Recherche sur les Phénomènes Aériens"
( Wisconsin ). On considéra qu'il y avait lieu de surveiller ces organisations du fait de leur influence
potentiellement très importante sur l'esprit des masses, s'il se produisait un grand nombre d'observations.
Il y avait lieu également de garder à l'esprit l'apparente irresponsabilité de ces groupes ainsi que leur utilisation
possible à des fins subversives.
AUGMENTATION DU NOMBRE D'OBSERVATIONS
Compte-tenu de l'historique du sujet, l'opinion générale de la Commission fut qu'il fallait s'attendre à une nouvelle
augmentation des observations l'été suivant.
RAPPORT DE LA COMMISSION SCIENTIFIQUE
SUR
LES OBJETS VOLANTS NON IDENTIFIES
17 Janvier 1953
Conformément à la requête du Directeur Adjoint chargé du renseignement Scientifique, la soussignée
Commission de Consultants Scientifiques, s'est réunie pour évaluer toute menace possible pour la sécurité nationale
présentée par les Objets Volants Non Identifiés ( "Soucoupes Volantes" ) et pour y formuler toutes
recommandations. La Commission reçut les témoignages présentés par les services de renseignements concernés,
principalement l'Air Technical Intelligence Center, et examina une sélection de cas parmi les mieux documentés.
A la suite de ces examens, la Commission dépose les conclusions suivantes :
-
Les témoignages présentés sur les Objets Volants Non Identifiés n'indiquent absolument pas que
ces phénomènes constituent une menace physique directe sur la sécurité nationale.
Nous sommes convaincus qu'aucun élément résiduel de ces cas ne témoigne de phénomènes pouvant être
attribués à des manifestations étrangères capables d'actes hostiles et qu'il n'existe aucune preuve pour que le
phénomène implique la nécessité de revoir les concepts scientifiques actuels.
La Commission conclut en outre :
-
Que l'augmentation continuelle des comptes rendus sur ces phénomènes conduit fatalement, en ces
périodes troublées, à une menace sur le fonctionnement correct des organismes de protection de la politique de groupe.
On peut citer comme exemple l'engorgement des voies de communication par des comptes rendus hors de propos,
le danger où nous nous trouvons d'ignorer des indications concrètes d'actions hostiles après avoir été submergé
continuellement de fausses alarmes et le culte d'une psychologie nationale morbide au sein de laquelle une habile
propagande hostile pourrait provoquer un comportement hystérique ainsi qu'une dangereuse méfiance vis-à-vis
des autorités dûment constituées.
En vue de renforcer de la manière la plus effective les moyens nationaux pour la détection en temps
opportun et pour la gestion adéquate de véritables indications d'actions hostiles et d'autre part, pour en minimiser
les dangers induits évoqués plus haut, la Commission recommande :
Que les agences nationales de sécurité prennent immédiatement toute action pour "sortir" les
Objets Volants Non Identifiés du statut particulier dans lequel ils ont été placés et pour leur ôter cette aura
de mystère qu'ils ont malheureusement acquise.
Que les agences nationales de sécurité mettent en place des procédures de renseignement,
de formation et d'éducation du public afin de prévoir les protections matérielles et afin de préparer l'opinion
publique, le tout aux fins de très prompte reconnaissance et de réaction très efficace face à toute véritable indication
d'intention ou d'action hostile.
Nous suggérons que ces objectifs soient atteints au moyen d'un programme complet conçu pour rassurer le
public sur l'absence totale de preuve de forces inamicales derrière ce phénomène, pour former le personnel à la
reconnaissance et au rejet rapide et effectif de fausses indications et pour augmenter les voies habituelles
d'évaluation et de prompte réaction à de véritables indications de mesures hostiles.
SIGNATAIRES :
B.P. ROBERTSON, Président
Luis W.ALVAREZ, Université de Californie
LLOYD V. BERKNER, Universités Associées, Incorporated
S.A. GOUVAMIT Laboratoires Nationaux de Brookaven
THORNTON PAGE, Université Johns Hopkins
COMMISSION CONSULTATIVE SCIENTIFIQUE SUR LES OBJETS VOLANTS NON IDENTIFIES
14 - 17 JANVIER 1953
DOCUMENTS PRESENTES :
- Soixante quinze dossiers d'observations de 1951 à 1952 ( choisis par l'ATIC comme étant les
mieux documentés )
- Les statuts de l'ATIC et les rapports d'avancement des Projets Grudge ( "Revanche" )
et Blue Book ( "Livre Bleu" ) - ( Noms de code pour les études de l'ATIC sur ce sujet )
- Rapport d'avancement du Projet Stork ( travail contractuel en soutien de l'ATIC )
- Résumé du rapport des observations de la Base Aérienne d'Holloman, Nouveau Mexique
- Rapport de l'USAF Research Center ( Centre de Recherche de l'Armée de l'Air Américaine ),
Cambridge, Massachusset - Enquête sur le phénomène des "Boules de feu vertes" ( Projet
Twinkle ( "Clin d'oeil" ) )
- Extraits des enquêtes sur les OVNIS proposés par la Base Aérienne de Kirtland ( Projet
Pounce ( "Grille" ) ).
- Film des observations de Tremonton, Utah, 2 juillet 1952 et Great Falls, Montama, août 1950
- Rapport résumé sur 89 cas choisis d'observations de différentes catégories ( Formations
de lumières clignotantes, hésitantes, etc. )
- Ebauche d'un manuel "Comment faire un FLYOBPPI" préparé par l'ATIC.
- Carte montrant les emplacements géographiques des observations non identifiés aux Etats Unis en 1952
- Cartes montrant les lieux de lâchés de ballons aux Etats Unis
- Carte montrant certaines trajectoires effectuées de ballons et leur relation avec rapport d'observation
- Diagramme montrant la fréquence des rapports d'observation de 1948 à 1952
- Schéma montrant quelques catégories d'explications des observations
- Transparents Kodachrome de ballons en Polyéthylène sous lumière solaire intense, montrant une forte réflectivité
- Film de mouettes sous lumière solaire intense montrant une forte réflectivité
- Renseignements à propos de l'intérêt de l'URSS pour les observations aux Etats-Unis
- Exemplaires des formulaires officiels de comptes rendus de l'US AIR FORCE et copies
d'instructions de l'AIR FORCE, l'ARMEE DE TERRE et la MARINE en rapport avec le sujet
- Exemplaire de ballons de polyéthylène en "oreiller" ( 54 pouces-carrés )
- "Variations de la couverture radar", JANP101 ( manuel illustrant des caractéristiques
opérationnelles inhabituelles des Services Radar )
- Diverses lettres officielles et rapports de renseignements étrangers en liaison avec le sujet
- Copies de travaux de publication générale traitant du sujet ( articles de périodiques,
coupures de presse et livres )
COMMISSION CONSULTATIVE SCIENTIFIQUE SUR LES OBJETS VOLANTS NON IDENTIFIES
14 -17 JANVIER 1953
MEMBRES |
ORGANISATION |
DOMAINE DE COMPETENCE |
Dr H.P. Robertson (Président) |
Institut de Technologie de Californie |
Physique, Système d'armes |
Dr Luis W. Alvares |
Université de Californie |
Physique, radar |
Dr Samuel Goudamit |
Laboratoires Nationaux de Brookhaven |
Structure atomique, problèmes statistiques |
Dr Lloyol V. Berknar |
Universités associées, Inc. |
Géophysique |
Dr Thornton Page |
Bureau des opérations de recherche - Université Johns Hopkins |
Astronomie, Astrophysique |
MEMBRES ASSOCIES |
|
|
Dr J. Allen Hyneck |
Université de l'Etat d'OHIO |
Astronomie |
M. Frédérik C. Durant |
Arthur D. Little, Inc. |
Fusées, missiles guidés |
INTERVIEWS |
|
|
Brigadier Général William M. Garland |
Commandant Général ATIC |
Renseignement Technique et Scientifique |
Dr H. Marshall Chadwell |
Directeur Adjoint O/SI, CIA |
" |
Mr. Ralph L. Clark |
Vice-Directeur Adjoint O/SI, CIA |
" |
Mr. Philip G. Strong |
Chef du personnel d'opérations, O/SI, CIA |
" |
Mr. Stephen T. Possony |
Chef d'action, Groupe Spécial d'Etude, D/I, USAF |
" |
Capitaine Edward J. Ruppelt |
Chef Section des Phénomènes aériens, ATIC, USAF |
" |
Mr. J. Dewey Fournet, Jr |
Ethyl Corporation |
ingénieur aéronautique |
Lieutenant R.S. Neasham |
Laboratoire de Photo interprétation de la Marine des Etats-Unis (Anacostia) |
Photo-interprétation |
Mr. Harry Woo |
" |
" |
FIN
© CNES
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